Quand je suis né, j’étais noir !
Quand j’ai grandi, j’étais noir !
Quand j’ai peur, je suis noir !
Quand je vais au soleil, je suis noir !
Quand je suis malade, je suis noir !
Tandis que toi, homme blanc,
Quand tu es né, tu étais rose !
Quand tu as grandi, tu es devenu blanc !
Quand tu vas au soleil, tu deviens rouge !
Quand tu as froid, tu deviens bleu !
Quand tu as peur, tu deviens vert !
Quand tu es malade, tu deviens jaune !
Et après tout ça,
Tu oses m’appeler, « Homme de couleur » !!!
Mr et Mme X. juifs polonais se sont réfugié à St-Nicolas de Redon avec leurs deux jeunes enfants, Léonard et Annie. Le père, Moszek, tailleur est arrêté et déporté en avril 1944 par les Allemands, suite à la dénonciation faite par une habitante de la région. Son épouse s’enfuit avec ses deux enfants et va chercher refuge de ferme en ferme. La suite nous est révélée dans le journal tenu par une Sœur de l’Orphelinat de la Bousselaie (Rieux, Morbihan).
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Ces enfants me touchent beaucoup car ils doivent avoir un courage extraordinaire. J’estime qu’on n’en parle pas assez de ces petits bouts qui sont atteints de cette maladie orpheline et de leur famille qui doit se battre au quotidien pour les soutenir dans leur baguarre avec cette maladie. La petite Lola est belge et voici deux liens où on peut lui laisser des messages. C’est une petite fille souriante et charmante.
30 Juin 1955
Romy raconte:
J’ai passé quelques jours merveilleux à Salzbourg lors du festival. Nous aons assisté à une représentation de la pièce Intrigue et Amour. Elle restera à jamais gravée dans ma mémoire.
J’ai aussi revu, enfin, Margit et Monika. J’avais imaginé une surprise à leur intention.
D’abord nous avons eu un chic diner au Gabler Bräu à Salzbourg avec tante Marianne. Ensuite, nous sommes allées, toujours ensemble, au cinéma voir Les Jeunes années d’une reine. Combien de fois avions-nous été au cinéma Mirablle dans le temps, pour nous laisser emporter par un monde magique et étrange! Tout autour de nous s’évanouissait, l’internat à Goldenstein, les bancs d’école, tous nos petits ennuis.
C’était comme si l’on se faisait arroser par une douche délicieusement chaude qui emporte tout ce qui vous gêne. Plongée dans la même atmosphère, douce et familière, je sentais ces souvenirs remonter en moi, et je comprenais à quel point j’étais heureuse, parfois aussi un peu fière. Je ne trouve pas de mots pour dire ce que je ressentais. Tante Marianne et mes deux amies à mes côtés, j’aurais pu pleurer de joie. Ce n’était pas un rêve. C’était une réalité vivante.
Je n’ai évidemment rien laissé paraître. J’ai fait quelques remarques stupides et des commentaires quelconques sur le film, en pensant que cela pouvait intéresser Margit et Monika. Je les regardais en douce pour voir comment elles appréciaient les différentes scènes. Mais une chose avait disparu : je n’arrivais plus, comme à l’époque de la pension, à me laisser envoûter par le monde féerique du cinéma. A chaque scène, je voyais dans ma tête le cameraman, Ernst Marischka, le metteur en scène, ou un ouvrier entre les coulisses, les câbles et les projecteurs.
L’illusion était perdue.
Et je la pleure encore aujourd’hui
Merci pour vos commentaires