Posté par chamade1000 le 17 juillet 2007
Un chrétien qui refuse l’antisémitisme
Pierre Péteul, qui sera connu sous le nom religieux de « père Marie-Benoît » et sous le surnom du « Père des juifs », est né le 30 mars 1895 au Bourg d’Ire (Maine-et-Loire). Il a participé à la guerre de 1914-1918 et combattu à Verdun.
Ce père (capucin) résidait à Rome, lorsque la guerre éclate. il se rend alors à Marseille pour attendre la suite des évènements. On se doute que l’Italie se prépare à entrer dans le conflit. Son attente sera courte puisqu’il va rapidement œuvrer à secourir les innombrables réfugiés juifs qui convergent vers le sud de la France. Ses motivations ?
« Les Chrétiens se sentent les fils spirituels du grand patriarche Abraham… ce qui suffirait à exclure tout antisémitisme, mouvement auquel nous, Chrétiens, nous ne pouvons avoir aucune part. »
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Sentiments qui, hélas, ne seront pas partagés par tout le monde !
Après de multiples contacts avec des responsables israélites, il réalise que tout devait être entrepris pour permettre aux persécutés d’échapper aux griffes des Nazis et de leurs collaborateurs français. Il était donc important de leur procurer dans un premier temps, de fausses cartes d’identité, des sauf-conduits, puis, le plus délicat, de trouver des lieux de refuge, temporaires, avant de pouvoir organiser des départs pour l’Espagne ou pour la Suisse.
| « Je recevais ainsi mes protégés au couvent (Marseille) ce qui n’était pas sans inconvénients, ni sans attirer l’attention, car les parloirs étaient presque toujours pleins. J’entrais aussi en collaboration avec les Dames de Sion, de la rue Paradis, qui eurent, de leur côté, une grande activité du même genre, et je pus recevoir chez elles nombre de nos protégés » |
Visiteur du camp des Milles
L’Evêque de Marseille, en accord avec la Préfecture, le nomme ensuite « visiteur » du camp d’internement des Mille, près d’Aix-en-Provence. Cette activité, menée avec ses frères capucins, lui permit de rendre quantités de services et de connaître de près les problèmes rencontrés par les prisonniers. Après l’occupation par les Allemands de la zone dite « libre », la filière d’évasion vers l’Espagne se trouvait au point mort et il fallait trouver d’autres voies. La zone d’occupation italienne (Savoie, Haute Savoie, Isère, Alpes-Maritimes) allait permettre de relancer les actions de sauvetage. L’attitude des autorités italiennes, plutôt favorables aux Juifs, constituait un atout majeur. Cette zone était devenue une sorte de sanctuaire où se rassemblèrent de 30 à 50 000 Juifs, venus de toutes les régions de France. La situation militaire devenant de plus en plus désastreuse pour les Allemands (débarquement allié en Afrique du Nord) il paraissait évident que ces derniers envisageraient d’occuper à leur tour la zone italienne. Des solutions devaient être trouvées, très rapidement.
Le rôle d’Angelo Donati
Intervient alors Angelo Donati, Juif italien, directeur de la Banque de Crédit Franco-Italien à Nice, qui se lie avec le Père Marie-Benoît, et qui lui suggère d’aller au Vatican pour que l’on puisse faire pression sur Mussolini au sujet d’un éventuel transfert des réfugiés juifs vers l’Italie. Après avoir contacté diverses personnalités juives (entre autres, le Grand rabbin de France) le Père obtient de la part de son Supérieur Général, une audience le 16 juillet 1943, et le présente personnellement au Pape Pie XII. Sa relation des évènements en France occupée est accueillie avec bienveillance par le Pape, qui lui fit cette réflexion, au sujet des interventions de la police de Vichy contre les Juifs « On n’aurait pas cru cela de la part de la France » et lui promit de s’intéresser personnellement aux questions qu’il lui soumettait.
Peu de temps après, le Père Marie-Benoît tentera, avec l’appui, notamment, du Cardinal Maglione, au Vatican, de faciliter le rapatriement des Juifs de nationalité espagnole se trouvant en France, Un rapatriement, promis par Franco, hélas, fortement handicapé par des lenteurs administratives et politiques. Une faible partie de ces Juifs espagnols put bénéficier de ces accords et émigrer légalement en Espagne, tandis que les autres subirent de plein fouet les déportations.
Un des points de la relation soumise au pape concernait le projet de transfert en Italie des Juifs réfugiés dans la région française occupée par les troupes italiennes. Le gouvernement italien semblait assez favorable à un tel projet et Angelo Donati songea à trouver des lieux d’hébergement pour ces futurs réfugiés. Naturellement, il sollicite l’appui du Père Marie-Benoît.
Cet article a été publié le Mardi 17 juillet 2007 à 2.30 et est catégorisé sous MES EMOTIONS MES REVOLTES.
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