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Archives pour 30 juillet, 2007

LA SELECTION Témoignage d’une rescapée

Denise Holstein avait 17 ans. Elle était monitrice dans un refuge d’enfants juifs. Elle est déportée avec les enfants :

« Surtout, ne prend pas de gosse dans tes bras ! »« Nous sommes soixante dans notre wagon, dont une cinquantaine d’enfants et je suis la seule monitrice. Bien sûr, je suis un peu débordée. Heureusement, Beila et des garçons que j’ai connus au centre Lamarck m’apportent leur aide. Quant aux autres adultes, ils sont odieux et ne supportent pas d’être dérangés par les enfants qui, vu le manque de place, les bousculent, font du bruit et se plaignent de la chaleur, de la soif, du manque d’air. Je porte un brassard qui me permet de descendre, quand le train s’arrête, pour aller chercher toute
l’eau que je peux rapporter dans des récipients de fortune et vider les seaux hygiéniques qui, d’ailleurs, ont déjà débordé dans les wagons. J’ai ainsi au moins la chance de pouvoir prendre l’air, boire un peu plus que les autres et faire un brin de toilette. Mais les arrêts sont rares. Dès le premier soir, nous passons le Rhin et le voyage continue, de plus en plus pénible, et toujours sans savoir où nous allons.
La troisième nuit, arrêt brutal. Les portes sont violemment ouvertes et les enfants qui s’étaient, enfin, pour la plupart, endormis, sont réveillés par des hurlements : « Raus ! Schnell ! » (« Dehors ! Vite ! ») II faut les habiller, récupérer un peu partout les affaires des uns et des autres. Ils sont terrorisés, tirés dehors par des hommes en costumes rayés de bagnards qui ne parlent pas français et qui ne laissent personne emporter de bagage. J’en vois un qui a une allure un peu moins sinistre que les autres, quoique la tête rasée et l’air un peu hagard. Il a de grands yeux bleus et il me semble qu’il doit être français. En effet, mais il me dit de remonter dans le wagon, afin qu’on ne voie pas qu’il me parle. Alors, il me dit que nous sommes à Auschwitz, que c’est l’horreur, qu’on doit travailler, qu’il n’y a pas de place pour se coucher, très peu de nourriture, juste de quoi ne pas mourir. Il me dit aussi : « Surtout, ne prends pas de gosse dans les bras ». Je ne comprends pas, je lui demande pourquoi. « Tu comprendras d’ici quelques jours. »
Puis, me montrant les petits : « Tu vois, ça va faire du savon ». Drôles de propos qui, apparemment, ne veulent rien dire. Je pense qu’il est fou. Je lui demande quand même s’il connaît des Holstein dans ce camp. Ça le fait sourire : « Nous sommes peut-être plusieurs millions dans ce camp et je te conseille de ne plus demander de nouvelles de ta famille, de ne plus y penser. »
Cette fois, la situation est terriblement angoissante et, comme en descendant du wagon je vois une petite fille, toute seule, qui pleure, je la prends par la main. L’homme vient vers moi et, sur un ton très autoritaire, me dit : « Tu n’as pas compris ? Ne prends pas d’enfant par la main ! » Alors, le cœur serré, je laisse la petite au milieu de la foule et je marche seule le long de la voie ferrée, comme on nous l’ordonne. Il fait nuit, mais des projecteurs nous éclairent violemment. Un peu plus loin, en travers de la route, il y a cinq ou six Allemands. L’un d’eux, plus grand que les autres, fait des gestes avec sa cravache sans rien dire, tantôt vers la droite, tantôt vers la gauche, je me rends compte que tous les petits enfants partent d’un côté, avec les personnes âgées. De l’autre, il ne doit rester que des gens qui ont environ entre dix-huit et trente-cinq ans. Des familles sont ainsi brutalement séparées, sans aucune explication. Peu importe qu’on soit mari et femme, mère et enfant, frère et sœur. Ce sont des scènes déchirantes, des gens s’accrochent les uns aux autres, mais les Allemands ne se laissent pas attendrir et frappent violemment ceux qui sortent du rang. Terrible sensation de terreur. Ou bien ils envoient du même côté, toujours du côté des enfants, ceux qui ne veulent pas être séparés.
C’est aussi par là que je vois partir mon amie Beila, avec son frère et sa sœur. Et c’est par là que disparaissent les enfants de Louveciennes et des autres centres de l’U.G.I.F., et surtout les neuf petits dont je me suis occupée pendant plusieurs mois, auxquels je me suis tellement attachée.
Tout se passe très vite et je suis incapable de dire si cette scène dure deux heures ou une demi-heure. Tout est rapide, brutal. Les Allemands procèdent à cette sélection avec une grande froideur, comme s’il s’agissait de bestiaux au marché. »

Témoignage du Denise Holstein, déportée au camp d’Auschwitz,
« Je ne vous oublierai jamais, les enfants d’Auschwitz… », Edition n°1, Paris, 1995.

POURQUOI?  Oui pourquoi toute cette haine? Pourquoi tant de cruauté? Au nom de quoi et de qui? POURQUOI les enfants? Oui POURQUOI???????

LA SELECTION Témoignage d’un rescapé

     « Peu à peu, les déportés avancent vers l’extrémité du quai. Deux S.S. sont au milieu de celui-ci; l’un est officier-médecin. Les déportés défilent devant lui. Avec le pouce ou avec une badine, l’officier dirige les détenus, soit à droite, soit à gauche. Ainsi se constituent deux files qui vont s’amasser aux deux extrémités du quai. La file de gauche comporte des hommes de 20 à 45 ans, dont l’aspect extérieur est relativement robuste. Les limites d’âge sont élastiques, parfois elles s’étendent de 16 ou 18 à 50 ans. L’aspect et l’allure du détenu, le fait qu’il soit plus ou moins bien rasé interviennent dans ce choix. Dans cette file sont envoyées également quelques jeunes femmes.
La file de droite comporte les hommes plus âgés; les vieillards, la plupart des femmes, les enfants et les malades. Les familles essayent de se regrouper. Parfois l’officier S.S. sort alors du groupe familial les éléments valides jeunes ; plus rarement ceux-ci sont laissés avec leur famille dans la colonne de droite.
Dans la file de gauche, les femmes sont dirigées à pied vers le camp voisin, les hommes partent dans des camions et des remorques, entassés les uns sur les autres.
Les détenus de la file de droite sont chargés sur des camions.
Dans mon convoi, sur 1 200 déportés, une proportion très grande d’hommes est retenue (environ 330) ainsi que quelques femmes. Ce chiffre est exceptionnel. II est rare que plus de 150 à 200 hommes soient retenus par convoi… »

Témoignage du professeur Robert Waitz, déporté au camp d’Auschwitz,
Témoignages strasbourgeois, De l’Université aux Camps de Concentration, Paris, 1947.

LA VIE EST BELLE!!???

 

Pas toujours évident de dire cela. Nous avons des souffrances petites et grandes. Mais, ne nous aigrissons pas. Prenons le temps de méditer sur le sens de la vie. A travers nos soucis, nos angoisses, nos grandes peines, nous avons quand même en nous ce petit ‘je ne sais quoi’ qui fait que nous pouvons puiser le courage nécessaire pour combattre, pour nous « battre ». Quand tout va mieux, alors arrêtons-nous un moment sur la beauté de cette vie qui nous est offerte. Cette nature merveilleuse qui nous entoure, la  regardons-nous encore avec autant d’intérêt? La grande diversité de fleurs, les forêts, les rivières, tout est merveilleux. Je me surprends parfois à regarder les fourmis courir sur le tronc d’un arbre. Quel travail et quelle énergie. Une coccinnelle qui s’envole, cela nous touche-t-il autant qu’avant? NON, dommage, cela devraif encore nous émouvoir! POURQUOI? Et bien, parce que c’est notre vie, notre vie sur cette terre merveilleuse et dont nous sommes les locataires. Prenons-en soin! Il faut que cette belle « maison » reste propre. Malheureusement, partout, on ne trouve que détritus, là par terre, à côté des poubelles. On détruit les forêts. On tue des innocents etc…etc…Mais viendra un jour où le propriétaire ne supportera plus cela?

LES BLESSURES du TEMPS

 

Il était une fois un garçon avec un sale caractère.
Son père lui donna un sachet de clous et lui dit d’en planter un dans la barrière du
jardin chaque fois qu’il perdrait patience et se disputerait avec quelqu’un.
Le premier jour, il en planta 37 dans la barrière.
Les semaines suivantes, il apprit à se contrôler et le nombre de clous plantés dans
la barrière diminua jour après jour. Il avait découvert qu’il était plus facile de
se contrôler que de planter des clous… Finalement arriva le jour où le garçon ne
planta pas le moindre clou dans la barrière.
Alors il alla voir son père et lui dit que pour ce jour, il n’avait pas planté de clou.
Son père lui dit alors d’enlever un clou dans la barrière pour chaque jour où il n’aurait
pas perdu patience. Les jours passèrent et finalement, le garçon put dire à son père
qu’il avait enlevé tous les clous de la barrière. Le père conduisit son fils devant
la barrière et lui dit: « Mon fils, tu t’es bien comporté, mais regarde tous les trous
qu’il y a dans la barrière. Elle ne sera plus jamais comme avant. Quand tu te disputes
avec quelqu’un et que tu lui dis quelque chose de méchant, tu lui laisses une blessure
comme celle-là. Tu peux planter un couteau dans un homme et aprés,
lui retirer, mais il restera toujours une blessure… Les souffrances psychiques
ne sont pas moins pire que les souffrances mentales… Ne l’oublie pas !
Pourquoi toujours vouloir blesser, faire du mal, détruire ?
Ce n’est pas dans la nature de l’homme, ou du moins, je ne veux pas y croire…

DECES de Michel Serrault

L’acteur Michel Serrault  est décédé dimanche soir à l’âge de 79 ans des suites d’une longue maladie, à sa résidence de Honfleur, en Normandie, a-t-on appris de source proche de la famille.
Michel Serrault avait été hospitalisé ces dernières semaines à l’Hôpital américain de Neuilly d’où il était sorti fin juin pour se rendre dans sa résidence secondaire de Honfleur, a-t-on précisé de même source.
En plus d’un demi-siècle d’une impressionnante carrière, il a joué dans quelque 135 longs métrages (sans parler des téléfilms), sous la direction de Clouzot, Chabrol, Mocky, Lautner, Audiard, Blier, Zidi ou Kassovitz.

Cinq fois nominé, il a obtenu trois Césars : en 1979 pour son plus grand succès, « La cage aux folles » (d’Edouard Molinaro), 1982 pour « Garde à vue » (de Claude Miller) et 1996 pour « Nelly et Monsieur Arnaud » (de Claude Sautet).

Cet homme au physique de monsieur-tout-le-monde et au caractère fougueux, cabotin, provocateur, franc et chaleureux répétait que le principal souci dans son métier était de ne pas ennuyer le spectateur.
Peut-être grâce à cette ambition, il a accumulé une impressionnante galerie de portraits, se glissant avec la même aisance dans la peau de personnages ambigus et dramatiques, du Dr Petiot à Zaza, l’homosexuel excentrique de « La cage aux folles », d’Harpagon à Nestor Burma.

Le public n’a longtemps attendu de lui qu’une seule chose: qu’il fasse rire. Mais, comme tous les clowns qu’il prenait d’ailleurs pour modèles, Michel Serrault était dans le fond assez triste. Il se définissait comme « l’âme de Chaplin sur un corps d’apothicaire ».

Né le 24 janvier 1928 à Brunoy (aujourd’hui Essonne, ex Seine-et-Oise) dans une famille modeste et chrétienne, il entre à 14 ans au petit séminaire. Hésitant entre devenir curé ou clown, il choisit finalement le monde du spectacle.
Pour moi, c’était un acteur génial. Il savait jouer des rôles comiques et pourtant oh combien difficiles (ZAZA dans la Cage aux Folles, assez mystérieux, et tendres aussi


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Le petit prince

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Quand tu regarderas le ciel, la nuit, puisque j’habiterai dans l’une d’elles, puisque je rirai dans l’une d’elles, alors ce sera pour toi comme si riaient toutes les étoiles. Tu auras, toi, des étoiles qui savent rire...

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