LADY DIANA I_10 ans après sa mort L’île du dernier repos

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DIANA: 10 ANS APRÈS SA MORT

L’île du dernier repos

Michele Mandel
Sun Media

29-08-2007 | 15h07

Dernière modification: 12h15 (A ANALYSER)

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LADY DIANA            I_10 ans après sa mort       L'île du dernier repos dans MES COUPS DE COEUR pointillier

ALTHORP – C’est un Lord Charles Spencer décontracté, vêtu d’un chandail Polo bleu et de pantalons Chinos, qui remercie les dames à la tête blanche qui font un pèlerinage à son domaine. «Combien de fois êtes-vous venue ici?» demande-t-il à une des matrones, alors qu’elle lui tend un de ses livres pour obtenir un autographe.

«Et d’où venez-vous?» ajoute-t-il suavement pendant qu’il signe le livre d’une autre.

À la maison ancestrale de Diana, sur le domaine de Northamptonshire de 216 hectares, environ 100 kilomètres au nord de Londres, Lord Spencer a hérité du manoir familial de 500 ans, du comté et des souvenirs d’enfance de sa soeur. Et, plus important encore, c’est ici, sur une île privée au milieu d’un lac ovale vert foncé, que la princesse de Galles est enterrée.

Ainsi, qu’il le veuille ou non, le neuvième comte de Spencer est le gardien de la flamme de sa soeur.

La matinée est fraîche et grise, mais l’air de la campagne semble si propre après quelques jours dans le smog de Londres. Après avoir acheté mon billet de 26 $ à la grille, une longue marche sur la propriété pastorale me fait passer à côté de moutons qui broutent dans les prés d’un vert lumineux et de tondeuses à gazon qui préparent le terrain du match de cricket du week-end des aristocrates.

Chaque été, Lord Spencer ouvre les portes d’Althorp à des touristes qui veulent toujours s’arrêter devant la tombe de sa soeur, acheter une tasse à café commémorative de 55 $ et voir le mémorial de six pièces qu’il a créé dans des étables converties. Le paisible hameau voisin de Great Brington s’est déjà inquiété de finir par se retrouver aux côtés d’un nouveau Graceland, mais ses craintes ne se sont jamais matérialisées.

La première année après la mort de Diana, les billets d’Althorp se sont vendus en quelques heures et quelque 150 000 fidèles s’y sont déplacés. En 2004, ce nombre avait déjà chuté de moitié. Aujourd’hui, on y compte 20 automobiles et un autobus de voyages organisés qui a emmené avec lui un contingent de vieilles dames britanniques amatrices de bridge.

Une enfance difficile

Je n’ai pas vu l’exposition Diana: A Celebration lorsqu’elle s’est arrêtée à Toronto en décembre 2003. En la visitant ici, à quelques pas d’où elle sautait à la corde, elle s’avère très personnelle et étrangement émouvante, avec les premières lettres de Diana — «Cher papa, j’espère que tu vas bien» —, les bulletins d’école — «très bien mais doit faire attention lorsqu’elle écrit en lettres majuscules» —, et, bien sûr, la confection de sa fameuse robe de mariage.

Diana avait 13 ans lorsqu’elle a déménagé dans le grand manoir de 121 pièces, à la suite de la mort de son grand-père, ce qui a fait de son père le huitième comte de Spencer. Ses parents s’étaient séparés sept ans plus tôt, lorsque sa mère s’est enfuie avec un autre homme. Malgré la difficile lutte de sa mère pour obtenir la garde de ses enfants, Diana et ses frères et soeurs ont été placés avec leur père et leur belle-mère, une femme qu’ils détestaient et avaient surnommée «Acid Raine» (NDLR: jeu de mot sur l’expression «pluie acide»)

Les psychologues amateurs ont longtemps blâmé la difficile enfance de Diana pour expliquer ses besoins émotifs et sa longue quête d’affection et de justification. Après tout, il n’est pas si fréquent qu’une fillette de six ans se sente rejetée par sa mère.

Des objets de son passé remplissent des boîtes de verre: son premier uniforme d’écolière, ses souliers de ballets, les journaux intimes de son adolescence, tandis que sur un autre mur, on fait jouer des bobines muettes de vidéos maison, avec pour toute trame sonore les cliquetis des projecteurs de films de 8 mm qui me rappelle ma propre enfance.

Vous étudiez le grain des images, à la recherche d’indices qui pourraient laisser présager qu’elle deviendra l’énigmatique icône qu’on a connu. Voici Diana, qui flirte déjà avec la caméra alors qu’elle plonge dans l’eau pour rejoindre son père; la timide et grassouillette petite fille avec son fameux regard porté vers le sol lors d’une fête d’enfants; l’étonnante grande soeur de Charles, qui ne s’en laisse pas imposer et l’écarte de son chemin; et l’esprit libre, qui danse à l’abandon dans les jardins.

Le film se termine brusquement, figé sur une obsédante image arrêtée du visage de Diana, avec la grâce d’une enfant qui n’a aucune idée de ce qui va lui arriver.

Mélancolie inattendue

Nous faisons tous une plus longue pause devant sa robe de mariée, le bonbon ivoire de soie et de broderies, et sa traîne de 25 pieds, puis avec elle, la scintillante tiare de Spencer. Tout cela est d’autant plus émouvant lorsqu’on connaît l’histoire derrière les souvenirs – que l’épouse virginale a été vendue sur le bord de la Tamise par une firme intéressée par sa lignée; que son frère déloyal lui a ordonné de rendre la tiare lorsqu’ils se sont disputés à cause de son refus de lui accorder un sanctuaire post-divorce dans la maison de campagne du domaine.

Nous nous déplaçons dans une salle consacrée à son travail avec les sidatiques, les lépreux et les sans-abri, avec des discours écrits à la main — «plus d’énergie», a-t-elle griffonné dans un coin — et des lettres qui dévoilent la profondeur de son engagement. Celle qui me frappe le plus est une de celles écrites en 1989, dans laquelle elle s’excuse d’avoir été fatiguée et distante lors d’une de ses visites. «Je ne pourrais pas être plus désolée, Roger, a-t-elle écrit, et je promets d’être dans ma plus grande forme lors de notre prochaine rencontre. Avec amour, de Diana.» Malgré cela, certaines personnes doutent encore à ce jour de sa sincérité et l’accusent d’avoir défendu des causes impopulaires pour s’assurer de faire la une des journaux.

De la lumière de ses bonnes oeuvres à la noirceur de la pièce consacrée à sa mort subite. «Oh, regardez toutes les fleurs», chuchote une des dames âgées. Dans une section de la pièce délimitée par une corde, le plancher est couvert d’un tapis de pétales de roses séchés, dont le parfum emplit l’air. Des diapositives montrent les dernières scènes de ses funérailles — ses garçons, le cortège, les centaines de milliers de personnes en deuil qui se tiennent en bordure de la route pour faire un dernier adieu à leur princesse.

C’est comme regarder de nouveau un vieux film triste qui vous prend par surprise lorsqu’il vient vous soutirer une larme inattendue, même après toutes ces années.

Est-ce parce que ces pièces représentent tous ses rêves brisés, du flirt de la carte de Noël pré-nuptiale signée Charles: «Avec beaucoup d’amour de la part de votre partenaire de danse à claquettes», à la crème de la robe de mariée sortie d’un conte de fée, qui promettait autant d’amour mais n’a réussi qu’à transmettre un cauchemar?

Est-ce que cette mélancolie inattendue est due au fait que Diana est morte si jeune, ravie au moment où sa beauté et la découverte de son pouvoir altruiste étaient à leur sommet?

Ou est-ce le fait de savoir que malgré toute la force déployée pour vaincre ses démons intérieurs, la femme la plus célèbre du monde n’était toujours qu’un pion, utilisée pendant des années par une famille royale en perte de popularité pour lui livrer un héritier, puis un autre, et utilisée par la suite par une presse à potins vorace avec un appétit insatiable pour son image?

Une marchandise jusqu’à la fin.

Et ça continue, n’est-ce pas — la mémoire de Diana vend toujours des billets pour aider à tenir le vieux manoir de son frère en bon état, et je suis ici, en train d’écrire à ce sujet, afin que je puisse vendre des journaux lorsque je rentrerai à la maison.

Nous passons dans une galerie de ses robes de designers, puis nous émergeons dans la lumière du jour. Une affiche à l’extérieur du magasin de souvenirs annonce que M. Spencer lui-même signera ses livres historiques entre 13h00 et 14h00, et des employés du magasin en tablier, un peu gênés, semblent soudainement vanter ses mérites aux dames qui prennent le thé dans la cour.

«C’est un homme de belle apparence», dira l’une d’elle un peu plus tard.

«Je pense qu’il est plus beau à la télé», répondra une des ses amies.

M. Spencer est grand, et ses yeux ont le même bleu perçant que je viens de voir des dizaines de fois sur les photographies de sa soeur.

«C’est occupé, je n’ai pas fait beaucoup de séances de signature cette année», confie le neuvième comte, que deux difficiles divorces et d’innombrables aventures ont gardé bien présent dans les tabloïds qu’il déteste tant.

«Il y a un plus grand intérêt maintenant que c’est le 10e anniversaire (du décès). Je ne connais pas les chiffres par coeur, mais ils sont certainement en hausse.»

Vendredi, il sera à Londres pour assister au service en mémoire de sa soeur qui se tiendra à la chapelle des Gardes dans la caserne Wellington de Londres. Mais, non, il n’accorde pas d’interviews aux médias.

Alors il ne peut pas dire s’il a tenu la promesse enflammée qu’il a fait à sa soeur lors de ses funérailles — un des 100 plus grands discours du XXe siècle — voulant qu’il veille sur ses fils pour s’assurer que leur âme «puisse chanter librement» comme elle l’avait voulu.

Mais tant de choses changent en 10 ans.

«Ce n’est rien de personnel», m’assure-t-il assez gentiment. «J’ai aussi refusé de passer à Larry King ce matin.»

Protégée des regards, enfin

Le long d’un chemin de gravier, passé le grand manoir et les pelouses manucurées pour les pique-niqueurs, j’arrive finalement à l’«ovale rond», où Diana repose.

C’est parfait — calme et serein, le silence n’étant interrompu à l’occasion par le son d’un obturateur de caméra ou par un canard qui caquette. Sans nous en rendre compte, nous chuchotons tous pendant que nous observons le minuscule lac ornemental et l’île où Diana est enterrée, où seule sa famille — et Nelson Mandela — sont allés.

Une urne de marbre est la seule indication que sa tombe repose sous les broussailles éclaboussées de soleil. Protégée des regards, enfin. C’est maintenant notre tour de lui accorder notre respect, dans un petit temple de couleur sauge en bordure du lac.

Des montagnes de fleurs ont déjà ornés ses marches. On n’y trouve maintenant qu’une poignée de bouquets et six roses blanches. «Nous venons chaque année est nous apportons une rose», indique Lesley Williams, âgée de 55 ans, expliquant fièrement avoir dormi sur le trottoir simplement pour pouvoir apercevoir Diana lors de son mariage en 1981 et être retournée à Londres 16 ans plus tard pour assister à ses funérailles.

Mme Williams forme, avec sa mère, ses amies et la dame qui gère leur restaurant chinois près de chez elle, un club féminin consacré à Diana. Chaque été, elles partent de leurs maisons d’Essex et se rendent jusqu’ici pour reprocher à M. Spencer de ne pas en faire assez pour promouvoir la mémoire de sa soeur décédée. Cette année, les six femmes sont furieuses que tous les items du magasin de souvenirs portent le nom d’Althorp, plutôt que celui de Diana, et remarquent que rien de neuf n’a été fait pour souligner l’anniversaire.

«Oh, il ne nous aime pas», ricane Mme Williams. «Il se sauve chaque fois qu’il nous voit arriver.»

Au cours des années, elles ont vu le nombre de visiteurs chuter, mais ceux qui sont vraiment engagés reviennent toujours. «Je crois que les gens qui aiment Diana aimeront toujours Diana», insiste Lyn Staines, âgée de 60 ans.

«Et il y a plus de personnes ici qu’il y en a eu ces quelques dernières années», ajoute son amie de 64 ans, Vera Stacey.

Malgré tout, elles s’inquiètent. Le fils de neuf ans de Carol Brown ne savait même pas qui Diana était. «Rien n’est fait dans nos écoles», se plaint Mme Williams. «Il croyait que c’était une vedette pop ou quelque chose. C’est triste.»

«Mais elle ne mourra jamais, n’est-ce pas?» insiste Mme Stacey, jetant un regard à ses consoeurs.

Et sur ces paroles, les femmes prennent la direction du minuscule bureau de poste de Great Brington, où on peut toujours trouver des cartes postales et des bibelots de Diana.

2 commentaires à “LADY DIANA I_10 ans après sa mort L’île du dernier repos”


  1. qualita1 30 août 2007 à 2.30

    Moi je regrette que lady Diana ait été enterrée loin de l’amour de ceux qui l’aimaient (hors famille) et qu’une oeuvre mercantile ait été organisée par son frère.
    Je me demande si cela n’a pas été organisé ainsi pour empêcher cette femme de continuer à avoir une influence sur le cours de certains évènements et sur le coeur de bien des gens. Dommage qu’elle soit partie si tôt !!!

    Dernière publication sur PLUME FAREWELL : NEWS EXTRATERRESTRE

  2. chamade1000 30 août 2007 à 2.30

    oui c »est regrettable en effet. Son frère profite bien de sa mort (c’est triste à dire, mais c’est la vérité) Mais Diana gênait de toutes façons en beaucoup de manières. Et quoi que fasse la famille royale, le vie de Diana aura toujours de l’infuence sur le coeur des gens mais plus sur les évènements cà c’est certain .

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