Publié 28 février 2008
dans MES COUPS DE COEUR

La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d’une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l’ourlet ;
Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l’ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.Un éclair… puis la nuit ! – Fugitive beauté
Dont le regard m’a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l’éternité ?Ailleurs, bien loin d’ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais !
Publié 28 février 2008
dans MES COUPS DE COEUR
Avoir des enfants ne fait pas plus de vous des parents qu’avoir
un piano ne fait de vous un pianiste. [Michael Levine]
Vos enfants : vous pouvez vous efforcer d’être comme eux, mais
ne tentez pas de les faire comme vous. [Khalil Gibran]
Je ne retomberai jamais en enfance, j’y suis toujours resté.
[Tristan Bernard]
Publié 27 février 2008
dans MES COUPS DE COEUR

O femme, pensée aimante
Et coeur souffrant,
Vous trouvez la fleur charmante
Et l’oiseau grand;
Vous enviez la pelouse
Aux fleurs de miel;
Vous voulez que je jalouse
L’oiseau du ciel.
Vous dites, beauté superbe
Au front terni,
Regardant tour à tour l’herbe
Et l’infini:
« Leur existence est la bonne;
Là, tout est beau;
Là sur la fleur qui rayonne,
Plane l’oiseau!
Près de vous, aile bénie,
Lis enchanté,
Qu’est-ce, hélas! que le génie
Et la beauté?
Fleur pure, alouette agile,
A vous le prix!
Toi, tu dépasses Virgile;
Toi, Lycoris!
Quel vol profond dans l’air sombre!
Quels doux parfums! - »
Et des pleurs brillent sous l’ombre
De vos cils bruns.
Oui, contemplez l’hirondelle,
Les liserons;
Mais ne vous plaignez pas, belle,
Car nous mourrons!
Car nous irons dans la sphère
De l’éther pur;
La femme y sera lumière,
Et l’homme azur;
Et les roses sont moins belles
Que les houris;
Et les oiseaux ont moins d’ailes
Que les esprits! Août 18..
Publié 27 février 2008
dans POESIE
Regarde l’aigle qui part
Avec tous tes espoirs
Un voile de cécité
Sur ta vie va tomber
Écoute le flottement d’aile
Rien n’est plus pareil
Un peu de fragilité
Sur ta vie va planer
Sens ce vent menaçant
Qui te juge comme un amant
Un peu de peur
Se glisse sur ton coeur
Touche le ciel un instant
Car il est plus que temps
Qu’un peu de douceur
Épouse ton ardeur
Le ciel est nuageux
Et dans ton coeur il pleut
Un jour, l’aigle reviendra
Et d’amour te parlera
Referme ton chagrin
Et suis le chemin
Où dort la tendresse
Fais lui une caresse
Tu deviendras déesse
De l’espoir qui te reste
L’amour t’a asservie
La tendresse te sauve la vie
(Chamade – février 2008)
Publié 27 février 2008
dans MES COUPS DE COEUR
Ballerine, ballerine
Tu auras vécu ta vie sans tes chaussons
Sans musique, ballerine
Entre la chambre et le salon, ballerine
Tu auras passé ta vie à tricoter
Un fil d’Ariane un peu mité Ballerine, en sourdine
Tu n’auras dansé ta vie qu’un seul été
Taille fine, en bottines
Entraînée par ton cavalier
Dans un univers banlieusard
C’est dur de faire de grands écarts
Ballerine, ballerine
Tu auras dansé ta vie sabots pointus
Anonyme, ballerine
Au fil de l’eau du temps perdu
Le Lac des Cygnes a bu ta vie
D’Ophélie
Ballerine, sans vitrine
Tu te dis qu’au fond
C’était ça ton destin
Naphtaline et cuisine
Plutôt que les pointes sur Chopin
Au fond tu ne regrettes rien
Y a même des soirs où tu es bien
Ballerine, ma frangine
Certains soirs tu prends ta tête dans tes mains
Aspirine, mauvaise mine
Tu te couches et le docteur vient
Et le docteur il appelle ça
Crise de foie
Ballerine, sœur chagrine
Je me dis qu’au fond je te ressemble un peu
Ballerine, ma copine
Vu qu’on ne fait jamais ce qu’on veut
Autant faire croire aux malheureux
Que l’on est heureux
Alors danse en cadence
Mène-moi en vacances
Ballerine
Serge Lama
Publié 26 février 2008
dans MES IMAGES EMOTION

L’homme n’est jamais plus près de se connaître qu’au moment de se reconnaître dans un enfant ; lorsqu’il plonge le regard dans cette eau limpide. Elle lui renvoie une image de lui qui ne le frappe nulle part ailleurs avec une telle intensité. Devant l’enfant, l’homme cesse un instant d’être le matamore avantageux qui édicte sa loi à l’univers, pour revenir à une humilité qui le rend à sa propre évidence. Devant l’enfant, l’homme a l’occasion de reconnaître qu’il n’est jamais lui-même qu’un enfant.
Christian CHABANIS
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