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Archives pour 12 avril, 2008
Paul Verlaine . Poèmes saturniens….Mon rêve familier
Publié 12 avril 2008 dans MES COUPS DE COEUR 4 Commentaires








Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime,
Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.Car elle me comprend, et mon cœur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.
Est-elle brune, blonde ou rousse ? — Je l’ignore.
Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.
Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L’inflexion des voix chères qui se sont tues.
Paul Verlaine

Je ne sais pas ce qui se passe,
Dit la planète:J’ai mal au cœur,
Ais-je trop tourné dans l’espace,
Ou bue trop d’amères liqueurs?
Les boues rouges, les pluies acides,
Le vert-de-gris dans l’or d’un Rhin,
Les défoliants, les pesticides,
Ne voila que de poisons malins! Je songe a ma rondeur de pomme,
Dans le commencement des temps,
Juste avent que la dent de l’homme,
Ne vienne se planter dedans.
J’était rouge et bleu, j’était verte,
Air pur, eau pur, Ho! mes enfants,
La vie partout, la vie offerte,
À profusion, à cœur battant!
Puis vint la guerre, la chasse à l’homme,
Puis vint la chasse, guerre à la bête,
À bas l’oiseau, mort à l’énorme,
Il faut mettre au pas la planète!
À présent, la chimie me ronge,
Je compte mes baleines bleues,
Mes pandas, mes oiseaux de songes,
Qui ferme un à un les yeux.
Au secours, enfants des hommes,
Le printemps perd son goût de miel,
Redonnez sa fraîcheur de pomme,
À la terre, fruit du soleil.
Auteur : inconnu









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