







L’eau doit retourner à la mer, c’est bien son but, sa mission.
Elle peut y aller directement, tel un fleuve qui se dirige sans détour et se joue de tous les obstacles.
Souvent cependant, l’eau rencontre des obstacles.
L’eau met au point différentes stratégies. Parfois, elle attend : elle s’accumule lentement devant l’obstacle jusqu’au moment où elle arrive à passer au-dessus. Souvent l’eau choisit de prendre un chemin détourné. Elle serpente alors en petits ruisseaux, en plus grandes rivières, elle contourne les obstacles, même quand cela implique de s’éloigner quelque temps de la mer.
Mais la mer reste son seul objectif. Et elle y parvient à la mer.
Devons-nous toujours être le fleuve ? Ne devons-nous pas parfois, souvent , être le ruisseau qui choisit un chemin différent et plus à notre portée ?
Qu’importe le chemin suivi, si nous arrivons à nos objectifs ? Si nous arrivons à accomplir notre mission ?
Xavier Guyaux, librement inspiré de « Le Guerrier de la Lumière » de P. Coelho
Hier matin, quand je suis sortie de la maison, j’ai vu une ambulance arrêtée devant chez moi. C’est le monsieur qui partait. Il est très âgé déjà. Ils venaient de fêter leur soixantième anniversaire de mariage.
Mais sa femme n’est pas bien du tout et en plus elle est seule. J’étais si peinée pour elle. Elle n’avait personne pour la conduire voir son mari. Comme je n’ai pas de voiture, je ne pouvais pas l’aider non plus. Ce matin, elle avait les larmes aux yeux, car son mari avait été transporté dans une autre clinique. Comme elle ne comprend plus très bien les choses, elle ne savait même pas où il était. On aurait dit une « enfant ». J’ai alors téléphoné là où il avait été conduit en premier lieu et j’ai pu connaître le nom de l’endroit où il était hospitalisé. Et, bonheur, elle a pu lui parler . Elle lui a dit : «Tu m’as laissée toute seule et je ne saurai pas aller te voir!» Et quand reviens-tu? Toutes ces questions qu’elle avait en tête depuis tant d’heures! Enfin quelques réponses qui allaient l’apaiser. J’étais soulagée pour elle. Elle m’a demandé : « Pouvez-vous me coiffer ?» Elle avait une bouteille d’eau de Cologne et une vieille brosse. En trois minutes, c’était fait, mais elle était contente. Je lui ai proposé de lui donner de mon dîner, mais elle a sa fierté et n’a pas accepté. «J’ai ce qu’il faut» m’a-t-elle répondu.
Maintenant, je l’imagIne seule chez elle alors qu’ils étaient toujours à deux dans cette petite maison. Je sais que son attente va être longue. Et puis, j’espère qu’il va revenir. Il est très âgé quand même
Dommage qu’elle ne puisse aller le voir. Pourtant, elle a de la famille dans la rue. Pourquoi ne s’occupe-t-on pas d’elle? J’ai difficile à comprendre la mentalité des personnes aujourd’hui. “Chacun pour soi” Je ne peux être ainsi. Mais je ne sais rien faire d’autre pour elle. Sauf qu’elle sait que je suis là en cas de besoin

Je me salirais davantage les doigts et je montrerais moins souvent du doigt.
Je privilégierais moins la correction et plus la communication.

Je quitterais ma montre des yeux et je me servirais davantage de mes yeux pour voir
Je me contenterais d’en savoir moins et je saurais chérir davantage.
Je ferais plus d’excursions et je ferais voler plus de cerfs-volants.

J’arrêterais de me prendre au sérieux et je jouerais plus sérieusement.
Je courrais à travers plus de champs et j’observerais plus d’étoiles.
Je ferais plus d’étreintes et j’aurais moins de tiraillements

Je serais inébranlable moins souvent et je soutiendrais davantage.
Je bâtirais d’abord l’estime de soi, et la maison plus tard.
Je témoignerais moins de l’amour du pouvoir, et davantage du pouvoir de l’amour.
Diane Loomans
http://www.chezmaya.com
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