A tous les enfants qui sont partis le sac à dos Par un brumeux matin d’avril Je voudrais faire un monument A tous les enfants Qui ont pleuré le sac au dos Les yeux baissés sur leurs chagrins Je voudrais faire un monument Pas de pierre, pas de béton Ni de bronze qui devient vert Sous la morsure aiguë du temps Un monument de leur souffrance Un monument de leur terreur Aussi de leur étonnement Voilà le monde parfumé, Plein de rires, plein d’oiseaux bleus Soudain griffé d’un coup de feu Un monde neuf où sur un corps qui va tomber
Grandit une tache de sang Mais à tous ceux qui sont restés Les pieds au chaud, sous leur bureau En calculant le rendement De la guerre qu’ils ont voulue A tous les gras tous les cocus Qui ventripotent dans la vie Et comptent et comptent leurs écus A tous ceux-là je dresserai Le monument qui leur convient Avec la schlague, avec le fouet Avec mes pieds avec mes poings Avec des mots qui colleront Sur leurs faux-plis sur leurs bajoues Des larmes de honte et de boue.
Boris Vian, A tous les enfants
La volonté du poète est de rendre hommage à ces enfants partis à la guerre. L’utilisation de nom « monument » accentue cette idée. Il y a l’anaphore de « je voudrais faire un monument » aux vers 4 et 8. Dans ce poème, il évoque deux monuments qu’il voudrait faire. Le premier serait dédié aux enfants et évoquerait leur souffrance, leur peur, leur tristesse : « un monument de leur souffrance, un monument de leur terreur ». Il veut que grâce à ce monument on se souvienne de ceux qui sont morts et qui ont soufferts tout le temps de la guerre. Cela explique qu’il ne veut pas n’importe quel matériaux, pour ne pas que le temps l’abime, « pas de pierre pas de béton, ni de bronze qui devient vert ». Il ne veut en aucun cas qu’on oublie ces victimes qui ont succombé à la guerre. Ce monument serait le symbole de ces enfants, de cette tristesse qu’on ne peut oublier.
(source AcaDemon.fr)
7 commentaires à “A tous les enfants…Boris Vian°°°°°°”
Boris Vian écrivit de beaux textes
souvents mis en chansons.
Triste d’utiliser les enfants, symbole d’innocence, pour les horreurs de la guerre !
scandale toujours permanent…
Quand tu regarderas le ciel, la nuit, puisque j’habiterai dans l’une d’elles, puisque je rirai dans l’une d’elles, alors ce sera pour toi comme si riaient toutes les étoiles. Tu auras, toi, des étoiles qui savent rire...
Un très joli texte de Boris Vian.
Bisous, bonne journée Francine.
JC
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Beau et triste, et surtout très émouvant
Bizzzzz
Tân
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Je ne connaissais pas ce poème de Boris Vian il est superbe.
Bonne journée, bises de Bretagne où il tombe un peu de neige.
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Bel hommage à ces enfants partis à la guerre !!!
ARSENE GRISALI
Bonjour, Françine, très beaux poèmes de Boris Vian, très émouvant
Bon après midi, ici froid et brumeux
Reste bien au chaud
Bisous
Suzanne
Boris Vian écrivit de beaux textes
souvents mis en chansons.
Triste d’utiliser les enfants, symbole d’innocence, pour les horreurs de la guerre !
scandale toujours permanent…
Bon samedi Francine
bisous Anne
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Un texte bien émouvant

les enfants perdent ainsi leur innocence
Bisous du Var où il neige!!
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