Un regard, ce n’est presque rien. Sans signification particulière, sans conséquence. Et c’est ce qui continue à me stupéfier, encore aujourd’hui : que l’existence d’un être puisse être bouleversée par quelque chose d’aussi éphémère, d’aussi périssable. Chaque jour, nous croisons des centaines de regards, dans la rue, dans le métro, au supermarché. C’est une réaction instinctive: vous remarquez quelqu’un en face de vous sur le trottoir, vos yeux se rencontrent une seconde et vous continuez votre chemin l’un et l’autre et c’est terminé. Pourquoi ce regard là aurait-il dû tant compter? Il n’y avait aucune raison et cependant… Il a tout changé, irrévocablement.
Ah, comme nous sommes tous prisonniers de notre passé ! Pourquoi n’arrivons-nous jamais à nous libérer réellement du fardeau que nous transportons, de sorte que celui-ci finit par gouverner notre existence ?
Nous ne cessons de rêver d’une existence plus libre tout en nous enfermant de plus en plus dans les obligations, dans les pièges domestiques. Nous aimerions tant partir, voyager légers et cependant, nous ne cessons pas d’accumuler de nouveaux poids qui nous entravent et nous enracinent
Au fond, n’était-ce pas cela, le bonheur ? Une parenthèse pendant laquelle, sans penser au passé ou à l’avenir, on arrive à s’enfuir de soi-même ? Plus de réminiscences venant vous hanter, plus d’appréhensions qui ruinent votre sommeil ; juste la redécouverte que l’instant présent est merveilleux…
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Quand tu regarderas le ciel, la nuit, puisque j’habiterai dans l’une d’elles, puisque je rirai dans l’une d’elles, alors ce sera pour toi comme si riaient toutes les étoiles. Tu auras, toi, des étoiles qui savent rire...
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