
«Au bout de combien de temps oublie-t-on l’odeur de celui qui vous a aimée ?
Et quand cesse-t-on d’aimer à son tour ?»

La vie, même quand tu la nies, même quand tu la négliges, même quand tu refuses de l’admettre, est plus forte que toi. Plus forte que tout. Des gens sont revenus des camps et ont refait des enfants. Des hommes et des femmes qu’on a torturés, qui ont vu mourir leurs proches et brûler leurs maisons ont recommencé à courir après l’autobus, à commenter la météo et à marier leurs filles. C’est incroyable mais c’est comme ça. La vie est plus forte que tout.

» On ne peut pas grandir dans une maison où les gens ne s’aiment plus, si?
Non. On ne peut pas.
Pousser peut-être mais pas grandir. «

Regardez une femme enceinte : vous croyez qu’elle traverse la rue ou qu’elle travaille ou même qu’elle vous parle. C’est faux. Elle pense à son bébé.

Les enfants justifient les réunions de famille et nous en consolent. Ils sont toujours ce qu’il y a de mieux à regarder. Ils sont toujours les premiers sur la piste de danse et les seuls à oser dire que le gâteau est écœurant.
Il ne faut pas souffrir de se sentir différent des autres, souvent c’est un privilège.
C’est un privilège d’aimer lire et de chercher la poésie partout et en tout, de reconnaître le beau, d’aimer les musées, les émotions, la musique, le gratuit, le désintéressé, le panache, de militer pour le savoir, pour la connaissance, pour l’étude surtout, le pur plaisir de l’étude sans aucun souci d’accumulation ou de validation des connaissances. La richesse intérieure, on n’a jamais fait mieux et on ne fera jamais mieux. Et je ne parle pas d’être intello ou savant, je parle de ne pas s’ennuyer quand on est seul.

Parce que le piège, justement, c’est de croire qu’on est amarré. On prend des décisions, des crédits, des engagements et puis quelques risques aussi. On achète des maisons, on met des bébés dans des chambres toutes roses et on dort toutes les nuits enlacés. On s’émerveille de cette… Comment disait-on déjà ? De cette complicité. Oui, c’était ça qu’on disait, quand on était heureux. Ou quand on l’était moins…
Le piège, c’est de penser qu’on a le droit d’être heureux. Nigauds que nous sommes. Assez naïfs pour croire une seconde que nous maîtrisons le cours de nos vies.
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