Janvier, pour dire à l’année « bonjour » Février pour dire à la neige « il faut fondre » Mars pour dire à l’oiseau migrateur « reviens » Avril pour dire à la fleur « ouvre-toi » Mai pour dire « ouvriers nos amis » Juin pour dire à la mer « emporte nous très loin » Juillet pour dire au soleil « c’est ta saison » Août pour dire « l’homme est heureux d’être homme » Septembre pour dire au blé « change toi en or » Octobre pour dire « camarades, la liberté » Novembre pour dire aux arbres « déshabillez vous » Décembre pour dire à l’année « adieu, bonne chance » Et douze mois de plus par an, Mon fils Pour te dire que je t’aime.
Mon coeur en détresse, Se réfugie dans sa sagesse… Douce innocence, source de mon salut… L’enfance si souvent méconnue Se fait salvatrice quand se tait le rire Des hommes qui n’ont plus de désirs..
Quand l’enfant me dédie Cet instant de vie, Que tout ce partage Fait fi de mon âge, Je tombe à genoux Loin des regards jaloux ..
L’enfance, ce bouquet de tendresse Tissé de fils de soie Pour vêtir l’enfant roi, Part à la découverte de mes rêves… L’offrande de sa présence Trouble le silence D’une journée qui s’achève
L’enfance, cette forteresse Qui de ma vie s’empare, Peu à peu se dresse Sur le chemin qui me sépare De son éternelle ivresse
Elle me parle de ses plus belles victoires Et s’endorment mes cauchemars
Donne-moi tes mains pour l’inquiétude Donne-moi tes mains dont j’ai tant rêvé Dont j’ai tant rêvé dans ma solitude Donne-moi te mains que je sois sauvé.
Lorsque je les prends à mon pauvre piège De paume et de peur de hâte et d’émoi Lorsque je les prends comme une eau de neige Qui fond de partout dans mes main à moi..
Sauras-tu jamais ce qui me traverse Ce qui me bouleverse et qui m’envahit? Sauras-tu jamais ce qui me transperce Ce que j’ai trahi quand j’ai tressailli?
Ce que dit ainsi le profond langage Ce parler muet de sens animaux Sans bouche et sans yeux miroir sans image Ce frémir d’aimer qui n’a pas de mots..
Sauras-tu jamais ce que les doigts pensent D’une proie entre eux un instant tenue Sauras-tu jamais ce que leur silence Un éclair aura connu d’inconnu
Donne-moi tes mains que mon coeur s’y forme S’y taise le monde au moins un moment Donne-moi tes mains que mon âme y dorme Que mon âme y dorme éternellement..
Qui ressemblerait à ces rêves si souvent emportés par le vent…
Et si je devais garder en mémoire
Ce que j’ai déposé au fond de mes tiroirs,
Je me souviendrais d’une couleur Qui est celle de l’espoir…
Je rangerais dans le grenier de mon coeur
Tout ce qui joue en ta faveur….
Je voyagerais jusqu’à l’Orient Là où le noir ne chasse pas le blanc…
Et s’il m’était demandé de ne plus en parler,
Je garderais au creux de mon âme ce secret
Tel un désir abandonné…
J’espérerais que si même je me tais,
Subsisterait toujours dans mon coeur
L’ardeur pour parler de nos silences
Qui sont autant d’offenses enfouies Dans le gris de nos vies..
Que se taise le vent
Quand dans le ciel S’écrit le nom de mon émoi…
Et que file l’étoile
Quand sur nos sentiments Se referme le voile D’un présent déchirant…
S’il m’était commandé De tout abandonner, Je crierais encore Ma peine jusqu’à l’aurore… La couleur de ta peau Est le fruit de ma passion Quel que soit ton pays, Je chérirai toujours Ce nom qui a embelli ma vie. Qu’importe la couleur Puisqu’elle nous conduit au bonheur..
On pouvait dire… Oh! Dieu!… bien des choses en somme…
En variant le ton, -par exemple, tenez
Agressif : « Moi, monsieur, si j’avais un tel nez,
Il faudrait sur-le-champs que je me l’amputasse! »
Amical : « Mais il doit tremper dans votre tasse
Pour boire, faites-vous fabriquer un hanap! »
Descriptif : « C’est un roc!… c’est un pic!… c’est un cap!
Que dis-je, c’est un cap?… C’est une péninsule! »
Curieux : « De quoi sert cette oblongue capsule?
D’écritoire, monsieur, ou de boîtes à ciseaux? »
Gracieux : « Aimez-vous à ce point les oiseaux
Que paternellement vous vous préoccupâtes
De tendre ce perchoir à leurs petites pattes? »
Truculent : « Ca, monsieur, lorsque vous pétunez,
La vapeur du tabac vous sort-elle du nez
Sans qu’un voisin ne crie au feu de cheminée? »
Prévenant : « Gardez-vous, votre tête entraînée
Par ce poids, de tomber en avant sur le sol! »
Tendre : « Faites-lui faire un petit parasol
De peur que sa couleur au soleil ne se fane! »
Pédant : « L’animal seul, monsieur, qu’Aristophane
Appelle Hippocampelephantocamélos
Dut avoir sous le front tant de chair sur tant d’os! »
Cavalier : « Quoi, l’ami, ce croc est à la mode?
Pour pendre son chapeau, c’est vraiment très commode! »
Emphatique : « Aucun vent ne peut, nez magistral,
T’enrhumer tout entier, excepté le mistral! »
Dramatique : « C’est la Mer Rouge quand il saigne! »
Admiratif : « Pour un parfumeur, quelle enseigne! »
Lyrique : « Est-ce une conque, êtes-vous un triton? »
Naïf : « Ce monument, quand le visite-t-on? »
Respectueux : « Souffrez, monsieur, qu’on vous salue,
C’est là ce qui s’appelle avoir pignon sur rue! »
Campagnard : « Hé, ardé! C’est-y un nez? Nanain!
C’est queuqu’navet géant ou ben queuqu’melon nain! »
Militaire : « Pointez contre cavalerie! »
Pratique : « Voulez-vous le mettre en loterie?
Assurément, monsieur, ce sera le gros lot! »
Enfin parodiant Pyrame en un sanglot
« Le voilà donc ce nez qui des traits de son maître
A détruit l’harmonie! Il en rougit, le traître! »
-Voilà ce qu’à peu près, mon cher, vous m’auriez dit Si vous aviez un peu de lettres et d’esprit Mais d’esprit, ô le plus lamentable des êtres, Vous n’en eûtes jamais un atome, et de lettres Vous n’avez que les trois qui forment le mot : sot! Eussiez-vous eu, d’ailleurs, l’invention qu’il faut Pour pouvoir là, devant ces nobles galeries, me servir toutes ces folles plaisanteries, Que vous n’en eussiez pas articulé le quart De la moitié du commencement d’une, car Je me les sers moi-même, avec assez de verve, Mais je ne permets pas qu’un autre me les serve.
Film complet de 1960 pour ceux qui le désirent ..(A visionner sur Youtube)…
Cyrano va mourir
Je crois qu’elle regarde… Qu’elle ose regarder mon nez, cette Camarde ! Il lève son épée. Que dites-vous ?… C’est inutile ?… Je le sais ! Mais on ne se bat pas dans l’espoir du succès ! Non ! non, c’est bien plus beau lorsque c’est inutile ! -Qu’est-ce que c’est que tous ceux-là !- Vous êtes mille ? Ah ! je vous reconnais, tous mes vieux ennemis ! Le Mensonge ? Il frappe de son épée le vide. Tiens, tiens ! -Ha ! ha ! les Compromis, Les Préjugés, les Lâchetés !… Il frappe. Que je pactise ? Jamais, jamais ! -Ah ! te voilà, toi, la Sottise ! -Je sais bien qu’à la fin vous me mettrez à bas ; N’importe : je me bats ! je me bats ! je me bats ! Il fait des moulinets immenses et s’arrête haletant. Oui, vous m’arrachez tout, le laurier et la rose ! Arrachez ! Il y a malgré vous quelque chose Que j’emporte, et ce soir, quand j’entrerai chez Dieu, Mon salut balaiera largement le seuil bleu, Quelque chose que sans un pli, sans une tache, J’emporte malgré vous, Il s’élance l’épée haute. Et c’est… L’épée s’échappe de ses mains, il chancelle, tombe dans les bras de Le Bret et de Ragueneau. ROXANE, se penchant sur lui et lui baisant le front C’est ?… CYRANO, rouvre les yeux, la reconnaît et dit en souriant Mon panache.
Quand tu regarderas le ciel, la nuit, puisque j’habiterai dans l’une d’elles, puisque je rirai dans l’une d’elles, alors ce sera pour toi comme si riaient toutes les étoiles. Tu auras, toi, des étoiles qui savent rire...
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