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ROMY SCHNEIDER °°°°°°

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Début 1982

Il faut vivre pourtant. Sa fille, Sarah, n’a pas 5 ans. Un nouvel homme est venu, tendre, protecteur. La promesse est belle…

        Avec Laurent, de dix ans son cadet, et Sarah, aux premiers jours de 1982, elle s’est envolée pour les Seychelles. C’est une joie et une vie de famille retrouvées. Romy s’est offert son paradis de verdure et de fleurs dans les Yvelines, à Boissy-sans-Avoir.

       Un nouveau nid.   «Je pense m’arrêter avant mes 80 ans et être une mère avec mes arbres, ma fille, et vivre» murmure-t-elle alors. A 43 ans passés, elle s’imagine à nouveau donner la vie. Laurent sera un père parfait ; le matin, il conduit Sarah à l’école bilingue du parc Monceau, il est si attentif…Son soixantième film mis en boîte, non sans souffrance, elle imagine déjà la suite. «Moi, je suis un sauteur d’obstacles, le plat ne m’intéresse pas»prévient-elle lorsqu’on l’imagine à terre. Elle imagine un prochain film avec Gérard Depardieu . Le nouvel acteur en vogue, une grande histoire d’amour de cinéma, elle rêve aussi de théâtre. « Bien sûr, il y a des moments où on a envie de baisser le rideau et de ne plus avoir affaire avec ce métier. Mais j’ai des responsabilités. Je ne suis pas seule. Je poursuivrai de mon mieux mon travail. Il faut avancer. S’arrêter, pour moi, ce n’est pas possible…» confiait-elle à Michel Drucker.

   29 mai

 

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    Romy et Laurent ont dîné avec des amis à quelques pas de la rue Barbet-de-Jouy où ils demeurent.

   Avant minuit, ils regagnent à pied l’appartement. Comme à son habitude, elle laisse Laurent se coucher seul. Elle a, chaque soir, besoin de rester seule pour penser à David, elle se versera un verre de vin…..Souvent, elle laisse ça et là des petits billets qui évoquent David, des photos de lui, d’eux enlacés. Quelques semaines plus tôt, de retour d’une soirée, elle a, de la pointe de son rouge à lèvres, écrit sur le miroir : « Redonnez-moi mon fils ». Cette nuit Romy ne prend pas le temps de quitter l’élégant ensemble blanc qu’elle portait pour le dîner. Elle s’installe au bureau du salon, le temps d’écrire quelques mots à une journaliste qu’elle doit rencontrer prochainement. Un missive que la mort l’empêche d’achever….

Ecrit par David Lalait-Helo

A lire : Romy au fild de la vie, David Lalait-Helo, Petite Bibliothèque Payot.

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Delon l’inconsolable

Aux derniers Césars, Alain Delon a demandé une minute de silence pour Romy qui aurait eu 70 ans en septembre 2008

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    Son dépard, en 1963, après cinq ans d’amour, avait dévasté Romy. Pourtant, il ne cessera de l’aimer. Au point qu’il déclarera qu’elle aurait dû être la mère de ses enfants!  Alain Delon a protégé Romy des assauts des photographes. Il aurait, dit-on, le jour de l’enterrement de David, loué les maison mitoyennes de l’église et du cimetière afin de  les interdire aux curieux. En 1996, lorsqu’il joue au théâtre Variations anigmatiques, il accroche dans sa loge la robe que portait Romay dans la pièce dont ils partagèrent l’affiche quarante ans plus tôt, Dommage qu’elle soit une putain. Et dans le programme, on pouvait lire : « Mon bel ange, où que tu sois! Ce soir, comme par le passé, je suis près de toi»

J’ai été touchée par la vie de cette personne. Je me suis toujours sentie « proche » d’elle. Peut-être de par sa fragilité comme de sa force. Une femme complète. Voilà c’est terminé mais je mettrai encore des photos d’elle et j’essaierai de parler de sa fille Sarah

Comme moi, il y a-t-il une personne avec qui vous n’avez jamais parlé. qui n’a rien à voir avec vous et pourtant avec qui vous avez des affinités? Si oui, vous pouvez si vous le voulez en parler

 

Romy Schneider…..

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Avril 1982

 

 

Elle aurait envie de dire « Life must go on ». Il y a assurément des moments où l’on a envie de tirer le rideau et de n’avoir plus rien à faire avec la profession. Mais elle a des responsabilités. Elle n’est pas seule. Il faut donc que la vie continue. Elle continuera à faire son travail aussi bien que possible. On peut réfléchir un instant, mais ensuite il faut continuer. Il ne lui est pas possible de s’arrêter.

   On se révolte contre le malher; cette révolte durera toute la vie. Que le public fasse preuve d’une grande compassion ne diminue en rien la douleur

   Le début du tournage de La Passante du Sans-Souci avait été retardé à cause de son opération. Pourtant elle était prête à entreprendre le travail dès que le médecin l’y autoriserait. En ce qui concerne les scènes avec le petit Max, douloureuses pour elle, Jacques Rouffio l’a admirablement aidée.

Elle a toujours voulu incarner cette « passante ». Pour une actrice, il y a le travail et la vie. On ne mélange rien. Chez elle, c’est là une force (dit-elle). Elle ne sait pas d’où elle vient, mais elle est là. Ses véritables amis, en qui elle peut avoir confiance, lui ont dit : « Le mieux, pour toi, c’est que tu puisses travailler.» Même Simone Signoret   lui a donné ce conseil par téléphone. Ce n’est pas qu’elle veuille travailler comme jadis, quand elle tournait trois films par ans aux dépens de sa vie privée. Cela elle ne le veut plus. Mais elle a besoin de cette peur qui la saisit au studion. Elle est stimulante. On se jette dans le travail, parce qu’il faut le faire, et ça aide aussi un peu à oublier. Sa mère a collaboré à plus de soixante films, avant de s’arrêter. Sa gran-mère maternelle jouait encore au théâtre à quatre-vingts ans. Elle ne tient pas à travailler comme elle, et elle ne tient pas non plus à atteindre cent cinq ans.

   Comme tant d’autre, le père de son fils avait été déporté à l’âge de dix-neuf ans. Ce sont des rélités que l’on n’oublie pas. Elle a très peu de souvenirs de ce temps-là. Elle était une enfant. Ses parents se sont séparés alors qu’elle était encore petite. Mais le film se rapporte aussi au temps présent, quand on pense à ce monde qui se détériore plutôt.

   Toute l’équipe a éprouvé une passion sans mesure pour ce film. La compréhension mutuelle pendant le tournage était tout simplement fantastique. David avait lu le scénario. Il lui a dit qu’il lui avait plu. Mais il ne pouvait tout comprendre, bien qu’il ait été mîr pour son âge. Il voulait simplement qu’elle tourne ce film..

 

 

 

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   Elle voulait jouer sous la direction de Jacques Rouffio, parce qu’elle avait admiré tous ses films. Il a fait preuve d’une compréhension merveilleuse. Il devinait quand c’était trop douloureux pour elle. Il savait lui dire les mots qui conviennent. C’est un homme qui a de l’estime pour les acteurs. Il est le seul qui lui ait dit : « Ce ne doit pas être marrant du tout d’exercer tous les jours le métier d’acteur.» Cela l’a frappée. Jamais un réalisateur ne lui avait dit une chose pareille. Il est vrai, pour une part, qu’elle avait besoin de quelqu’un. Mais aujourd’hui ce n’est plus le cas. Elle a mûri et a compris combien cela devait être pénible pour ces gens qui restent toujours dans l’ombre de leur donner de l’assurance et d’être exposés, ce faisant, à leurs sautes d’humeur. Elle a conscience d’être facilement irritable, insupportable. Elle refuser maintenant que quelqu’un soit là pour lui donner de l’assurance aux instants de peur, de trac, d’hystérie. A présent, elle respecte davantage les autres..

 

 

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  David venait avec elle au studio, oui, souvent. Depuis ledrame, il lui reste Sarah, qui a maintenant quatre ans et dimi. Elle est encore trop petite pour l’accompagner au studio

   Elle vit actuellement à l’hôtel parce qu’elle ne peut plus vivre dans un cadre où tant de choses lui rappellent son fils et les heures heureuses qu’ils ont passées ensemble. Elle est en quête d’une nouvelle maison pour recommencer sa vie et surmonter son chagrin..

 

 

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  Elle n’a pas peur de prendre de l’âge. D’ailleurs la peur de vieillir n’est pas un problème spécifiquement féminin. Les hommes aussi ont leurs problèmes et leurs peurs

   Elles accepte des rôles de femmes plus âgées. Oui, pour elle ce qui compte avant tout, c’est le rôle. Même celui d’une vieille femme.

   Si c’en est fini du succès un jour, elle connaîtra une solitude incommensurable

Mai 1982

  Conversation téléphonique avec son frère Wolfdieter Albach.

  Je n’y arrive pas, je n’y arrive pas

 

Romy Schneider…suite

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Les Seychelles, 5 février 1982

Ma chère maman et Horst (écrit-elle), je pourrais rester ici six mois par an, point n’est besoin de m’y forcer. Voyager les six autres mois, travailler peu. Un paradis!!!!

  Voici notre petit bungalow, ils sont tous les mêmes, un bon restaurant, la mer la plus splendide qui soit, palmiers et noix de coco que l’on cueille le matin et le soir en passant. 

   Nue sur la plage, ailleurs pieds nus en djellaba et colliers de coquillages — that’s life! A bientôt — Bises, bise! Votre Romy, Sarah, Laurent

Conversation téléphonique avec sa mère Magda Schneider

  Tu as de la chance Tu es tranquillement assise devant la cheminée. Tu as encore ton fils. Mais moi? Je suis une femme fichue. A quarante-trois ans.

Au père de Sarah, Daniel Biasini

   Hier soir ma fille m’a dit « Ne crache pas sur les gens qui t’aiment.» Cette phrase ne vient certainement pas d’elle… Cette phrase vient de toi…Je n’ai jamais mal parlé de toi devant ma fille, jamais. Je t’en prie pour Sarah….ma pauvre chérie, tout aussi exploitée que mon David…..

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Avril 1982

  Il y a longtemps déjà qu’elle est tombée sur le sujet de La Passante du Sans-Souci. Elle ne se souviens même plus quand c’était. Elle avait lu le livre et elle savait qu’elle voulait être Elsa.

Les années ont passé, mais Elsa ne l’a jamais totalement quittée. A l’occasion du tournage de Une Histoire simple en 1978, La Passante du Sans-Souci est revenue. Ils tournaient dans les décors pour le scène avec la mère de Marie, interprétée par Madeleine Robions qu’elle estime et admire. Elle lui parla de ce sujet et l’invita à lire La Passante du Sans-Souci, ce qu’elle avait déjà fait. Elle a ensuite continué à travailler tout le temps, beaucoup, beaucoup trop.

   Un soir, enfin, à La Closerie des Lilas, elle discutais avec son agent, Jean-Louis Livi de son « programme». Elle fit allusion à La Passante du Sans-Souci

Avec qui pourrais-tu faire le film? lui demande-t-on.

Avec une seule personne en France, Jacques Rouffio, répondit-elle immédiatement.

   Après L’Horizon   en 1967, Le Sucre en 1979, c’était claire pour elle. Elle souhait très fort qu’il accepte. Et il a accepté. Elle était vraiment fière : c’était la première fois de sa carrière qu’elle était à l’origine d’un projet.

Jacques Rouffion entreprit donc d’écrire le scénario avec Jacques Kirsner. Le roman de Joseph Kessel datait de 1937. Ils ont su, à eux deux, élargir l’histoire, la rendre encore plus émouvante. L’évocations du passé s’accompagne d’une tragédie actuelle. Elsa a été tuée. Par la folie des nazis. Et Lina mourra également, victime d’une autre folie. Mais Rouffio et Kirsner ont su faire comprendre que rien n’était définitivement fini….

En 1981 elle avait joué un double rôle dans Fantôme d’amour sous la direction de Dino Risi. Et voilà à nouveau un double défi.

Cela ne lui faisait pas peur, mais à Rouffio et Kirsner oui. Ils se demandaient si elle accepterait le double rôle et l’élargissement au temps présent. Elle pensait que c’était une de leurs plaisanteries. Mais Jacques Rouffio lui écrivait de belles lettres, où il confessait son inquiétude. La pensée qu’elle ait pu intimider quelqu’un la chagrine. Il en a toujours été ainsi, jusqu’à ce qu’on lui dise : « Tu te rends compte de ce que tu représentes dans ta profession?» Cela ne l’intéressait pas. Elle avait assez souvent vu sa frimousse. Elle a toujours une glace dans son sac. Elle se connaît. Son image lui est indifférente. Que peut-on dire d’elle qu’elle ne sache déjà elle-même? Vous savez, dit-elle les gens que l’on rencontre après une nuit sans sommeil, ces gens vous déclarent : « Ah, quelle bonne mine vous avez! Vraiment belle ce soir!» Elle ne peut qu’en rire.

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   Elle joue à nouveau aux côtés de son partenaire préféré, Michel Piccoli. Oui, Jacques Rouffio leur a dit : « Avec vous les essais sont inutiles, cela devrait aller sans. Vous avez déjà fait vos preuves.»

  Il commencent toujours par se jeter des fleurs. « Tu es le meilleur.» —« Mais non, tu es la meilleure.» Et dans les scènes dramatiques ou les demi-tons il peut « l’avoir » ou plutôt c’est elle qui l’a. En contrepartie, dans les passages moins tendus, où il faut rire, c’est lui le boss. Elle-même elle a tendance à rire et elle a parfois du mal à se retenir. Quand une étincelle s’allume dans ses yeux, elle ne peut plus lui résister. Il a écrit à son sujet dans son livre Dialogues égoïstes, qu’elle est une actrice qui crée elle-même ses rôles, ce qui lui a fait plaisir, naturellement. Puis à peu près ceci. « Nous vivons un moment essentiel quand nous nous retrouvons pour tourner pendant trois mois. Si bien des gens n’existent que sur la base d’une sympathie manifestée ouvertement, Romy et moi avons la chance de nous comprendre sans paroles. Les intimités du travail sont très exigentes. Avec Romy ce n’est ni une lubie ni une amourette. Romy et moi, une associtation à responsabilité illimitée.»

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Romy Schneider : Elle perd son fils David

FIN MAI 1981

Lettre que Romy Schneider adresse à la mère de Daniel Biasini

    Jusqu’à ce jour je n’ai pas voulu détruire l’image que David à de Daniel. Pour le moment vous avez le beau rôle, mais il me serait facile de changer tout ça… Je ne le fais pas à cause de David. Si vous aimez vraiment cet enfant, épargnez-lui d’apprendre des choses qui le rendraient trop profondément malheureux.

3 JUILLET 1981

  Elle a avec son fils David, quatorze as, des rapports d’amour et d’estime très profonds. C’est pour elle un compagnon merveilleux. Il est passionné par son métier et n’hésite pas à lui donner des conseils ou à corriger son accent si elle se prend, dans l’émotion d’une scène, à trébucher sur une voyelle. Il est possible qu’à son tour il veuille être comédien ou metteur en scène

  En août, elle tournera avec Michel Piccoli le film projeté depuis longtempts. La Passante du Sans-Souci. Elle croit qu’elle a surmonté toutes les difficultés et qu’elle est parfaitement rétablie. Elle n’est absolument pas fatiguée

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5 JUILLET 1981

Mammi, mon enfant….mon enfant est mort….s’écrie-t-elle!!!

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  David s’empale sur un portail qu’il tentait de franchir. Il avait quatorze ans. Romy Schneider est foudroyée, brisée. Elle se remet à boire, avale des tas de comprimés et ne dort plus. On pourra lire ses propos dans un journal : « Mais quelqu’un pourra t-il me dire pourquoi la vie tape si dur ? » Elle erre alors d’un appartement à l’autre, se réfugiant le plus souvent chez Alain Delon ou l’inévitable Jean Claude Brialy.

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Deuxième partie de l’interview donnée par Romy Schneider au journal Allemand  » Stern « 

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Visconti aurait été pour vous un homme qui l’aurait même emporté sur votre père?

  Je cherchais quelqu’un avec qui m’enfermer et vivre. Vivre avec quelqu’un et travailler moins, tourner moins de films — mais je n’y ai jamais réussi. C’est pourquoi je suis parfois tellement dans la m…e.

Maintenant vous reletez la responsabilité sur vos films, comme si eux vous avaient rendue «inadaptée à la réalité».

C’est pourtant bien moi qui décide de mon sort. J’aurais pu dire : «Fini, plus de film, plus de Sissi. Retour à la vie quotidienne normale, retour à l’internat.»

Avez-vous des lettres d’Alain Delon?

Delon, lui, n’écrivait que des billets. Le plus long a été celui où il m’abandonnait. Il m’a honteusement trompée. J’étais en tournage en Amérique. Je suis revenue, l’appartement à Paris était vide, plus personne. Un bouquet de roses, un papier à côté, sur lequel était écrit : «Je suis parti à Mexico avec Nathalie, Salut, Delon.»

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Il restait du grand amour un type qui envoie un bouquet de roses et un bout de papier

  Il était lâche, mais c’était très beau. C’était un petit bourgeois macho. Il était seulement ambitieux, il voulait faire carrière et avoir un jour l’appartement plein de Renoir.

Avez-vous attendu un homme aussi longtemps que votre mère a attendu votre père?

 Cinq années de crainte sans répit ou de «pas vivre ensemble» avec Delon suffisent. C’était douloureux. Ca faisait mal.

Dans une situation comme maintenant, où vous allez mal, pourriez-vous téléphoner à Alain, serait-il là pour vous?

  Je pourrais l’appeler s’il était seul.

Pourrait-il y avoir de nouveau une étincelle entre vous et lui quand vous tournerez un film, comme c’est prévu pour l’automne?

  Certainement pas. Mais nous ne nous haïssons pas. Nous pouvons et aimons nous souvenir. Tout est déjà si lointain! Il n’es pas du tout désagréable de le revoir.

A qui téléphonez-vous quand vous allez mal? A votre mère?

  J’appelle ma mère et quelques amis. Il faut bien parler à quelqu’un, quand on est down, c’est tout à fait égoïste. On essaie de ne pas s’effondrer. Ces derniers mois et semaines j’ai senti pour la premières fois quels sont mes vrais amis, peu importe où, en Allemagne ou en France

Ce Will Tremper, qui vous a écrit une lettre ouverte dans la Bunten («Nous t’aimons, espèce d’idiote.», fait-il également partie de vos amis?

  Le tutoiement est une réminiscence de l’époque de Sissi. (Pas la peine de s’étendre sur ce sujet).

Tous les gens qui vous ont dit un jour : «Appelle-moi, quand ça ne va pas, jour et nuit», ceux-là on peut les oublier. Si on le fait, ils sont absents, ou font dire qu’ils le sont.

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Les réservez-vous au moins pour plus tard, quand vous aurez surmonté la crise?

  Ce ne sont des amis que parce que je suis Romy Schneider. Je suis encore….

Et elle ne veut plus être mignonne, elle veut enfin retourner les coups? Vous ne voulez plus vous laissez avoir par des bonshommes tel que votre mari actuel?

  J’essaie de me défendre, il me faut apprendre à le faire. Mais je ne dis rien à mon mari. Je garderai mon enfant et je ne me laisserai plus faire de mal. Cela parce que je veux enfin vivre ma vie, si c’est encore possible….

N’avez-vous pas toujours vécu comme vous avez voulu?

  Il n’y a toujours eu que des moments et, puisque ma vie était déterminée à quatre-vingts pour cent par ma profession, il ne pouvait y avoir que des moments. J’ai longtemps accompagné Alain à ses tournages et je me suis dit : nom de D…, pourquoi est-ce que je ne pourrais pas travailler avec René Clément?

Et pourquoi êtes-vous toujours retournée à votre métier?

  Que pouvais-je donc faire? Je n’ai rien appris d’autre.

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Qu’est-ce que cela veut dire, vous n’avez appris rien d’autres? Vous êtes une bonne comédienne et avez fait de bons films?

  Je ne peux plus me voir. Qu’ai-je donné aux hommes en dehors de Sissi, toujours Sissi….?

Il existe des films de vous qui sont bien plus importants que Sissi. Lesquels, désigneriez-vous parmi les meilleurs?

  Leni, dans Portrait de groupe avec dame, était un rôle très important pour moi.

Hebergement gratuit d image et photoParce que cette Leni était tellement allemande, est tellement allemande. Mais surtout parce que j’ai fait la connaissance de Böll. Il a un intérieur dépouillé, tout est à sa place. Quand je suis arrivée chez lui, il y avait une couronne de Noël. Il était tranquillement assis à sa table, et l’ai bien aimé immédiatement, ainsi que toute cette ambiance. Il se montrait tellement simple avec moi. Il disait : les toilettes sont là, à droite, Romy. Je crois qu’il m’aimait bien aussi. J’aimais en général tous les rôles qui étaient les plus horribles. Trio infernal, par exemple, c’était bien. Parce que ces rôles ne me concernaient pas, parce que ce n’était pas moi, parce que je n’avais pas besoins d’être aimable. Puis Le Procès avec Orson Welles…à propos, que fait-il Orson Welles, à présnet?

 Il fait de la publicité. Il est assis, gros et rond, à une table et lève son verre de vin. Il ne veut plus tourner de films. Il dit : «Ce que je voudrais, je n’ai pas le droit de le jouer, et je ne veux pas de ce que je pourrais jouer.»

 Faites comme lui. Si vous ne pouvez plus supporter de vous voir, tournez moins de films.

  Mais il faut que je tourne, j’ai besoin d’argent

Ne vous dites pas que vous ne pouvez pas vivre de ce que ous avez gagnée jusqu’à maintenant. 

   Non, il faut que je tourne encore cette année, ensuite, je pourrai faire une pause. Il faut que je m’arrête, il faut que me trouve enfin moi-même.

L’un de ces hommes avec lesquels vous avez vécu, n’aurait-il pas pu dire : arrête de faire des films, nous allons chercher un chez nous, un véritable chez nous, sans Renoir, juste normal?

  J’aurais bien aimé. Mais personne n’en a jamais parlé

Détruisez-vous même ce qui vous détruit?

  En ce moment je suis trop démolie pour pouvoir me défendre vraiment…

  Ce sont là des choses que vous ne pouvez pas comprendre, parce que ce n’est pas votre profession. S’y ajoute qu’en ce moment je peux vraiement difficlement me supporter

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Mais vous devez vous rendre compte que vous déclenchez quelque chose de positif chez les gens, comme chez ce M. Fischer hier soir, qui a cherché Sissi plein d’enthousiasme et a trouvé Romy Schneider.

Ah, vraiment? Dans ce cas-là, je devrais effectivement me reposer, puis faire du théâtre pendant quelques années dans une ville où je seris chez moi. Ce ne serait pas nécessairement Paris, ce pourrait aussi être Berlin ou Hambourg.

 Où est votre « chez-vous » aujourd’hui?

  Chez moi? D’abord il n’y en a pas, ensuite c’est seulement un endroit dans le quartier le plus chic de Paris où tout pue le décorateur, un chez-moi que je ne voudrais pas, et troisièmement il est là parce que je ne trouve rien d’autre. Je cher un logement pour moi et mes enfants

Vous portez toujours sur vous un bout de papier de Max Reinhardt avec la citation de son discours adressé aux comédiens : «Mets ton enfance dans ta poche et sauve-toi car c’est tout ce que tu as à faire.» Vous avez mis trois points d’interrogation derrière cette citation. Pourquoi?

   Parce que ce n’est pas si simple de mettre les voiles, parce que jusqu’à présent je n’y ai jamais réussi.

Et si vous ne mettiez pas votre enfance dans la poche, et que vous l’acceptiez sans fuir?

   Ce serait bien, je crois, mais je n’y parviens pas encore. Je me rappelle si peu de choses de mon enfance : elle consistait principalement en films.

Soit vous êtes très sauvage, très introvertie, ou alors vous aimez vous exhiber au monde entier. Comment peut-on vivre avec ces extrêmes?

   Mal. Il s’agit de simplement continuer à vivre — ou continuer à tourner. Je continuerai à vivre — et vraiment bien!

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Interview donnée par Romy Schneider au journal Allemand Stern (1ère partie) Important pour bien la connaître!

       

 Mais pourquoi, après vingt ans, Sissi demeure-t-elle toujours un problème pour vous?

Les films ont été tournés à une époque à laquelle ils étaient adaptés, et ils ont plu aux gens. Mais je ne peux pas en parler comme de n’importe lequel de mes autres films, je ne peux pas réagir normalement et dire : «Non, je ne suis pas Sissi. Il y a longtemps que je suis Romy, j’ai seulement joué Sissi il y a des années.»

 Souvent, vous outragez la pudeur publique, car à chaque évènement de votre vie — qu’il s’agisse d’une fausse couche, d’un mariage, d’un divorce, d’un film— la génération Sissi hurle d’horreur et réclame sa pure impératrice. Pour les uns, vous êtes alors une putain, et pour les autres, toujours une madone, à qui le monde ne joue que des mauvais tours.

Je veux avoir la paix. Je hais le tapage et la publicité, tout ce show-business. Et je ne suis pas leur Sissi à laquelle ils peuvent se câliner. Je pouvais m’estimer heureuse et satisfaite d’avoir joué ce rôle. C’était une chance à cette époque

 Quelle drôle de chance! Pour parler clairement : votre beau-père M. Blatzheim, ue vous appeliez Daddy, et votre mère, Magda Schneider, ont un peu aidé cette chance.

Je ne veux faire de peine à personne, je dois des remerciement à ma mère et je n’ai pas de reproches à lui adresser.

  Il est peut-être là, votre «problème Sissi»? Ne vouloir blesser personne?

Peut-être ne puis-je pas faire autrement, peut-être est-ce ma mentalité.

Je voulais aussi changer de nom, jadis, à Paris —en Rosa Albach. Mais je n’ai jamais osé, pour ne pas blesser ma mère. D’un autre côté, à l’époque je me sentais aussi très bien dans ma peau de fille de star de cinéma, puisque  j’avais ce que  je voulais. C’était un monde de crinolines, de valses, de flirts, toujours dans des décors de Marischka.

  Toutes les jeunes filles auraient réagi comme vous. Mais reconnaissez-vous  aujourd’hui que ce monde de Sissi n’avait rien à voir avec l’enfance et la jeunesse dans la vie réelle?

Aujourd’hui je le reconnais, oui, mais il faut d’abord apprendre à la comprendre. Tout ce que j’ai appris, je l’ai appris à travers le cinéma, tantôt plus, tantôt moins. A quatorze ans j’ai quitté l’école et tourné les Lilas blancs.

 Donc,pour vous, la vie n’a eu lieu au fond que sous forme de cinéma ou bien au cinéma.

C’est bien là mon problème aujourd’hui, c’est pourquoi tout va si mal. J’ai aussi fait beaucoup trop de films. Mais j’ai mes deux enfants que j’aime, et qui ont besoin de moi.

  Combien d’argent avez-vous gagné avec les films sur Sissi?

Je n’ai jamais su manier l’argent, je sais seulement que ce sont surtout les autres qui y ont gagné, mais l’argent est parti. Et je n’ai pas été seule à le dépenser.

  Alors, votre beau-père Blatzheim a dilapidé tout l’argent?

L’argent est parti, basta! Je crois que le dernier restaurant dans lequel Blatzheim a investi mon argent a fait faillite. Il s’est toujours occupé de tout. Pour un quatrième Sissi on m’a offert quatre millions de marks payés comptant. Mais là j’ai dit non, pour la première fois. J’en avais marre. C’était à Berchtesgaden. Après tout ce tapage, je me suis réfugiée dans ma chambre d’enfant où je me suis enfermée. Tout cela est si lointain! Les images me font défaut pour ces souvenirs. Cela ne m’intéresse plus, et pourtant ça m’atteint toujours. Ce tumulte, qui peut être beau mais que  j’ai toujours haï. Un jour, à Madrid, ils étaient des milliers à agiter des petits drapeaux à l’aéroport, ils m’ont presque écrasée. Ma mère était derrière moi et me disait : «Mais souris donc…»

  A l’âge de vingt ans, vous avez fugué à Paris pour retrouver Alain Delon, vous ne vouliez plus être Sissi. Etait-ce le début de votre vraie vie?

Oui, c’est à Paris que ça a vraiment démarré. J’étais amoureuse, à Paris, et enfin sans surveillance. Mais quelle vie, quelle vie c’est devenu…

  Vous dites cela maintenant, parce que vous allez mal, parce que vous avez l’impression de ne plus sentir le sol sous vos pieds. Mais c’est tout à fait normal, après tant de films et vivant en plein divorce. Le monde ne s’écroulera tout de même pas.

Le monde ne s’écroulera certainement pas. Et quel est mon monde?

C’est bien ce que nous essayons de découvrir. Vous aviez donc vingt ans, vous aviez gagné des millions qui étaient entre les mains de ceux qui s’étaient occupés de vous, pleins de bonté et de désintéressement, et Blatzheim vous envoyait tous les mois un chèque de trois mille marks à Paris

On m’a dit : «Tu as une rente de trois mille marks à Paris et il vaudrait mieux arriver à t’en sortir avec ça.» Chaque fois que j’ai mis mon compte à découvert, je suis tombée en disgrâce.

  Pourquoi vous êtes-vous laissé faire?

Alain a dit un jour à Blatzheim qu’il le considérait comme un fichu c..! C’était à Lugano. Je l’avais aussi déjà dit, mais pas si brutalement. J’étais trop bien élevée et je pensais à Mammi. Mais ça non plus ne m’avance pas, maintenant, l’argent est parti. Alain est parti. Blatzheim est mort. Mammi me dira à présent :«Tout allait donc effectivement si mal, mon enfant?» Et je comprendrai sa question. J’estime ma mère, mon frère, mes enfants, et c’est bien ce dont il s’agit.

  Vous étiez donc accablée d’un Daddy du genre miracle économique, d’un beau-père….qui aimait étaler ses riches, vous, ses robinets dorés…

  Votre véritable père était Wolf Albach-Retty. Qu’a-t-il fait pour vous?

Rien. Avec le deuxième mari de ma mère, c’était un monde petit bourgeois dont il me fallait sortir.

  Avez-vous appris entre-temps à vous y prendre avec ce genre de Daddys, quel que soit leur aspect?

J’essaie.

  Rediriez-vous aujourd’hui comme vous l’avez fait après votre divorce avec Harry Meyen : voilà la moitié de mon argent, mais laisse-moi tranquille maintenant? Remboursez-vous également sa part à votre mari actuel?

Non, les temps sont passés, je ne paie plus personne. D’ailleurs mon mariage actuel, avec Daniel Biasini, en France, n’est pas juridiquement  valide, parce qu’il y a vice de forme. Lors du mariage nous avions opté pour la séparation de biens. Je n’en dirai pas davantage, parce que le divorce est encore en cours

  Revenons à Paris. Vous vivez là avec Alain Delon et avez quitté définitivement Sissi-Land.

Ce n’était pas Sissi-Land, c’était un Sissi-World, et ç’a été le cas partout où j’ai séjourné. J’étais une jeune personne dans du coton, qui devait être polie. Mais je ne l’étais pas toujours. J’étais une jeune fille…

 Que pensez-vous maintenant?

Pardonnez-moi si je m’exprime de façon aussi sotte, mais tout aurait pu aller bien mieux dans ma vie…Quand je fais aujourd’hui la connaissance de jeunes femmes comme Eva Mattes…

  …la comédienne de théâtre…

…..Elle est très jeune, elle a beaucoup de talent, mais elle n’est pas aussi photogénique que je l’étais, de loin. Je pense : tu aurais pu être pareille. Tu aurais pu avoir la chance de commencer ainsi; avec une véritable vie quotidienne. Un peu de cinémé et plus tard du théâtre. Ces jeunes actrices, aujourd’hui, ont bien plus d’assurance que je n’en avais alors ou que je n’en ai aujourd’hui

  Pourquoi vous montrez-vous sous un si mauvais jour? Vous vous êtes échappée à l’époque pour aller à Paris, c’était une décision tout à fait courageuse et personnelle.

Je voulais vivre, vivre avec Alain. Une arrière-cour aurait pu suffire. Peu importe dans quel trou, je voulais vivre. Mais je voulais en même temps tourner des films, parce que j’aimais ma profession. Je n’ai jamais pu me sortir de cette contradiction intérieure

  Et pourtant, vous avez toujours cru de nouveau au bonheur.

J’ai cru que tout pouvait s’harmoniser, oui. J’ai toujours été la plus heureuse quand j’étais seule. Est-ce que cela évoque la schizophrénie?

  Oui

Peut-être puis-je l’expliquer. Jeune fille, c’est dans la chambre de mon père que je préférais me tenir : il n’était plus à la maison,il avait abandonné ma mère, j’étais donc toute seule. J’ai toujours cherché quelque chose de ce genre et je le cherche encore.

  Avez-vous cherché à retrouver une telle chambre plus tard, étant une femme adulte?

Quelques années durant je l’ai même trouvée. C’était chez Visconti. Il était une force pour moi.

  C’était alors une constellation tout ce qu’il y a d’étrange, quand vous et Delon avez répété la pièce « Dommage qu’elle soit une putain » à Paris sous la direction de Luchino Visconti. Dans le fond, chacun était amoureux de l’autre, mais peronne n’avait le courage…

J’étais amoureuse de lui, mais je n’ai pas compris à l’époque qu’il était également amoureux de moi, à sa manière. Tout le monde savait qu’il était homosexuel et je m’en tenais là, je n’aurais jamais osé lui dire que je l’aimais. Maintenant il est trop tard.          (à suivre…)

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Romy Schneider…..1980

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25 Février 1980

   Elle ne peut pas entrer dans le rôle de Catherine Mortenhoe, dans La Mort en direct, sans en être bouleversée. Elle dira : «Vous savez à quel prix est négociée dans la presse une photo relative à ma vie privée, comme après une fausse couche. N’importe où»

 

25 Février 1980

   Elle n’a évidemment pas joué son rôle dans La Mort en direct sans en être personnellement bouleversée. Les trois-quarts de ce personnage ne sont pas sans rapport avec elle.

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Ce film est pour elle bien autre chose que n’importe quel autre, certainement

   Il est difficile, quand on est une star, d’échapper aux importuns. Elle n’aime pas le mot star, elle veut seulement pouvoir bien travailler.

Il y a des intrusions contre lesquelles  elle peux à peine se protéger. Elle sait que les photos relatives à sa vie privée s’arrachent au prix fort. Elle trouve ça de très mauvais goût. Elle ne sait pas comment les autres se défendent contre tout cela. Peut-être certaines de ses collègues sont-elles plus avisées. Ou plus menteuses. Mais cette femme dans le film, qui se voit soudain jetée en pâture au public, elle aussi est sans défense. Et c’est bien sur ce point qu’elle se retrouve dans le personnage

 

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  Le projet avec Fassbinder, Le Mariage de Marie Braun, n’a pas abouti. La première mouture du scénario ne lui plaisait pas. Puis ils se sont perdus de vue.

  Revenir au théâtre? Elle aimerait bien , à Paris et à Berlin. Elle ne sait pas pourquoi ici. On parle toujours ainsi de l’aire de Berlin. Mais elle en a peur. Il faut qu’elle trouve de courage et le temps pour cela. Elle a une proposition de Boy Gobert pour une pièce de théâtre. Elle n’arrive pas à se décider. Il faudrait que ce soit une pièce et un rôle où l’on ne puisse pas la comparer. Une pièce moderne, nouvelle. Cela, elle le ferait volontiers. Mais il faut qu’elle ait confiance.

 

10 avril 1980

  Elle veut apprendre à s’épanouir, connaître ce qui est en elle. Elle ne veut pas se mettre en colère. Elle ne supporterait plus l’insolence de la presse allemande. Elle répondra à toutes les questions sur son métier, son travail, mais seulement sur son métier. Son fils David sait lire et dévore tout ce qui est écrit sur elle.

Pour devrait-elle le traumatiser? Ce qu’il y a entre elle et son mari ne regarde personne. Il est de son devoir de protéger ses enfants

 

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Avril 1980

  Tournage de La Banquière

      Elle s’est sérieusement informée et a beaucoup lu sur Marthe Hanau; elle a aussi parlé avec des gens qui l’ont connue. Mais finalement on se trouve livré à soi-même (dit-elle) quand on se tient devant la caméra, et il ne faut pas écouter tout ce que les gens disent, il ne faut pas tout croire. Elle ajoute : «Vous n’imagniez pas quelles monstruosités on a pu écrire sur Marthe Hanau. Son humanité m’a particulièrement fascinée. Ou mieux, elle était si humaine, cette petite femme, qui voulait montrer, qui voulait réussir….mais pas à tout prix, pas à n’importe quel prix.»

    Marthe Hanau, ou Emma Eckhert, mise sur sa volonté, son dynamisme, sa séduction pour parvenir  ses fins.

 

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  Toutes  ces qualités se retrouvent en elle et elle espère avoir réussi à les rendre. Ce n’est pas facile quand on est seule…..Aucun metteur en scène ne peut imaginer combien elle  se trouve seule devant la caméra. Elle ne sait pas ce qu’il en est de ses collègues, mais pour elle c’est ainsi. Elle dépend de son metteur en scène et elle travaille toujours en étroite collaboration avec lui, mais il y a des moments où elle est entièrement livrée à elle-même. Et si Emma Eckhert et Marthe Hanau en sont devenues un personnage sympathique —une expression qui ne veut pas dire grand chose— elle peut seulement dire tant mieux, parce que c’est exactement ce à quoi elle a tendu. On peut présenter Emma Eckhert comme une saligaude puante —pardonnez-moi l’expression, dira-t-elle— ou bien, après une courte réflexion prendre en compte l’aspect humain.

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Image hébergée par Casimages.com : votre hébergeur d images simple et gratuit A suivre…..

Romy Schneider…..

Romy Schneider..... dans MON COUP DE COEUR pour ROMY 18296011

21 Juin 1977

   Elle a eu une fille. Elle est heureuse! Garçon ou fille, peu importe — l’essentiel c’est qu’elle soit en bonne santé. Elle s’appellera Sarh Magdalena.

Elle est certaine que ce sera son dernier enfant

Juin 1978

   Elle sait pourquoi elle est revenue en France : ici elle se sent bien, ici elle est chez elle.

   Quand elle aura cinquante ans, si Claude Sautet la veut, usée comme elle sera alors, dit-elle elle ira chez lui. C’est une déclaration d’amour.

   31 AOÜT 1978

Une histoire simple

   Il lui fallait jouer ce film qui, à certains égards, est aussi un film sur elle.

   Ils se sont totalement abandonnés l’un à l’autre, ce qui n’est absolument pas nouveau, mais cette fois-ci presque sans mots. Un regard suffisait pour que la question soulevée par l’un trouve sa réponse chez l’autre.

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Février 1979

  Toutes les ombres ont disparu. Les ombres des hommes, qui lui ont dit qu’ils l’aimaient, et qui, en réalité, ne lui ont rien donne. Les ombres des névroses qui l’ont obligée à avaler des pilules pour les surmonter et avoir la tête au travail.

Elle n’a jamais été aussi heureuse que maintenant. Elle a vécu dans l’idée fixe d’être trahie, d’être abandonnée. Son bonheur était menacé de tous côtés. Manifestement, personne ne pouvait l’aimer comme Daniel

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3 février 1979

   Le César… Ce ne peut pas être vrai… un tel honneur pour elle qui ne le mérite pas du tout pense-t-elle……Merci merci répète-t-elle!

15 avril 1979

   Mort de Harry. Elle dit qu’elle aurait dû s’en occuper davantage!

Fin avril 1979

   Elle a quarante ans. Dans le rôle d’une fille de six-sept ans, comme dans Lulu, elle serait ridicule. Elle a rendu le scénario.

   Dans Une Histoire simple, elle comprend cette femme parce qu’elle porte nombre de ses sentiments en elle.

   Aujourd’hui, c’est comme si elle avait joué un mauvais tour à Sissi. Elle avait une telle allure que les gens pensaient qu’elle avait mis sa couronne dans son sac.

   Les malentendus ne sont jamais exclus. Même dans le meilleur rôle. Elle se voit autrement que l’on n’est vu par les réalisateurs et autrement que la voit le public.

   Pourquoi ne peut-elle pas dire publiquement à un écrivain comme Driest qu’elle l’adore! Elle veut dire l’artiste, l’écrivain!

  On traduit immédiatement qu’elle lui a fait une déclaration d’amour, une proposition malhonnête.

   Pourquoi ne l’a laisse-t-on pas tranquille? Elle ne peut pas tenir les propos qu’on attend d’elle. On dit qu’elle a mauvais caractère, parce qu’elle ne dit pas toujours oui. Quand elle fronce les sourcils elle a certainement l’air méchant. Elle se demande seulement pourquoi les autres s’occupent de ses loisirs.

   Ils lui appartienne pourtant. Une actrice ne devrait être jugée que sur ses rôles. Elle ne laissera plus un photographe franchir le seuil de sa vie privée.

à suivre….

 

 

ROMY SCHNEIDER °°°°°°

ROMY SCHNEIDER °°°°°° dans MON COUP DE COEUR pour ROMY 19587210

Berlin, 30 septembre 1976

  Elle s’est dit une fois pour toutes qu’il n’y avait pas lieu de s’en offusquer quand on présente son mari comme un gigolo ou elle-même comme une imbécile. Qu’il soit bien clair, une fois pour toutes (dit-elle) que Daniel travaille dur dans sa propre profession. Il fait des reportages politiques pour la télévision . Il a réalisé des reportages sur la Belgique,  l’Angola, et tourne actuellement en Argentine et au Paraguay. Les télélévisions française, belge et suisse ont déjà acheté son film.

   Elle vit plus « normalement » en France qu’ici (Allemagne). On l’y voit autremant et on la laisse tranquille. En France, on ne la poursuit pas dans la rue. Si c’est arrivé, ça a été rare. Ici(Allemagne), il faut bien le dire, on a forgé depuis ses quinze ans une image d’elle qui s’est muée en réalité autonome et sur laquelle elle n’a plus prise. Mais cette image n’a rien à faire avec elle, avec la personne de Romy Schneider.

 Un souhait? En ce qui concerne la carrière, oui. Elle est une actrice totalement européenne. Mais elle aimerait jouer un jour dans un bon film américain

    Le monde de l’après-guerre de Leni, elle ne peut absolument pas le ressentir avec ses trente-huit ans. Elle le connait par sa mère. Cela la touche beaucoup.

   Cela n’a pas de sens que David vienne lui rendre visite ici où il lui faut travailler douze heures par jour, trois mois durant. 

  Après le rôle de Leni, elle fera pour la première fois une pause d’une année. Quatre films sont programmés ensuite. L’histoire d’une femme souffrant d’un cancer, poursuivie par un homme qui a une caméra implantée dans la tête. Un film d’anticipation.

   Suit un film avec Franci Girod, avec qui elle a déjà tourné Trio infernal, La Banquière; puis avec Claude Sautet Une Histoire simple

  Elle espère trouver le temps, pendant ces trois mois à Berlin, d’aller se promener et que les Berlinois sont toujours tels qu’elle les connaît. Ils se sont toujours montrés particulièrement aimables à son égard. Elle a vécu plus de deux ans dans cette ville

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Fin 1976

 C’est son souhait le plus cher d’être sans cesse une autre femme devant la caméra, de comprendre les problèmes et les conflits, les sentiments et les émotions de femmes qui lui sont étrangères —non seulement les comprendre, mais les vivre, les vivre vraiment. Mais cela n’est possible qu’à condition de changer aussi les milieux en même temps que les personnages

  S’efforcer de bien faire son travail, de soutenir avec succès l’examen critique du spectateur, c’est là son unique souci.

6 janvier 1977.

   L’homme le plus important dans sa vie fut et reste Delon. Quand elle a besoin delui, il lui tend toujours une main secourable. Aujourd’hui encore, Alain est le seul homme sur qui elle puisse compter. El lui viendrait en aide à tout moment. Alain ne l’a jamais abandonnée à elle-même, pas plus aujourd’hui qu’hier.

17 janvuer 1977

  En somme, elle a été cette étrangère dans son propre pays, en d’autre circonstances. Paris a été surprise de la voir dans Dommage qu’elle soit une putain. et Berlin lui en a voulu de ne plus être la douce, la sentimentale Sissi.

à suivre…..

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Encore un peu de Romy…

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Encore un peu de Romy... dans MON COUP DE COEUR pour ROMY 11070510

Octobre 1975

Elle ne peut vivre seule, mais elle a eu la chance de rencontrer un homme auquel elle se sens profondément attachée. Elle a trente sept ans, lui à peine vingt-huit. Mais la différence ne lui fait pas peur. En prenant de l’âge, elle a appris à apprécier chaque jour son bonheur, à goûter les plus beaux moments de la vie.

22 décembre 1975

Elle n’est pas bien. Elle s’imaginais plus beaux les jours suivant son mariage.

Elle s’excuse mille fois auprès de tous les Berlinois qui l’ont attendue à la maire de Friedenau. Mais le jour même de son mariage elle avait de la fièvre. Ne se sentant pas bien, et étant sous traitement, elle ne voulais pas quitter l’hôtel et s’est donc mariée là, et non pas, comme prévu, à la mairie.

En septembre 1976, elle tourne pendant douze semaines à Berlin. Elle rattrapera tout ça.

10 janvier 1976

Jadis elle voulait voir les gens tels qu’elle les souhaitait. Elle fermait les yeux pour continuer à vivre dans ses illusions. Cette attitude lui a valu d’encaisser quelques coups de la vie, de se retrouver souvent seule et déçue. Ce ne fut pas toujours facile.

Pendant quelques années —après avoir pris la décision de se séparer de son mari, d’oublier sa solitude—elle a travaillé comme une bête. Elle a tourné six films, le dernier était Le Vieux Fusil. Elle a appris à se duper elle-même. Elle a mal vécu.

Il y a là quelque chose qu’elle voudrait éclaircir : elle a vécu avec un homme qui a posé de dures conditions au divorce. Elle n’est pas femme à engager des procès et elle ne le sera jamais. C’est pourquoi elle a signé ce papier, prête à laisser la moitié de sa fortune. Elle voulait se libérer de son mari qui, nonobstant le divorce prononcé en été, continuait à mettre tous les torts de son côté. Elle voulait cette liberté pas seulement parce qu’elle était meurtrie, mais parce qu’il faisait souffrir leur enfant.

En septembre,  elle tourne à Berlin Portrait de groupe avec dame, inspiré d’un roman de Heinrich Bölls. Elle continuera à faire du cinéma tant qu’on aura besoin d’elle. Mais il y a une chose qu’elle a décidé à l’avenir : une paisible vie de famille……….A suivre°°°

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