Quand les mots se rebellent, Et refusent de se poser Sur un bout de papier, Les yeux mi-clos, Je m’interpelle… Où vont-ils m’entraîner, Sans que je puisse résister? Où trouverais-je cette douce vérité, Celle qui sans trêve me tourmente? Serais-je sans cesse dans l’attente D’un espoir qui ne soit en aucun point troublé? Si le coeur se console d’insipides paroles, L’esprit quand à lui veut fuir cet ennui… Et les maux qui s’installent et encerclent ma vie Ne laissent aucun répit à cette chair meurtrie… Est-il là quelque part, une histoire qui soit noble? Et qui de mes émotions s’accommode? Qu’elle s’empare de ma vie! Et en fasse un conte de Mille et Une Nuits… Pour s’épanouir, le bonheur doit être séduit! Si un coeur se languit, il peut faire « silence » A l’approche d’une nouvelle existence….
Quinze longs jours encore et plus de six semaines Déjà ! Certes, parmi les angoisses humaines La plus dolente angoisse est celle d’être loin.
On s’écrit, on se dit comme on s’aime ; on a soin D’évoquer chaque jour la voix, les yeux, le geste De l’être en qui l’on mit son bonheur, et l’on reste
Des heures à causer tout seul avec l’absent. Mais tout ce que l’on pense et tout ce que l’on sent Et tout ce dont on parle avec l’absent, persiste A demeurer blafard et fidèlement triste.
Oh ! l’absence ! le moins clément de tous les maux ! Se consoler avec des phrases et des mots, Puiser dans l’infini morose des pensées De quoi vous rafraîchir, espérances lassées, Et n’en rien remonter que de fade et d’amer ! Puis voici, pénétrant et froid comme le fer, Plus rapide que les oiseaux et que les balles Et que le vent du sud en mer et ses rafales Et portant sur sa pointe aiguë un fin poison, Voici venir, pareil aux flèches, le soupçon Décoché par le Doute impur et lamentable. Est-ce bien vrai ? tandis qu’accoudé sur ma table Je lis sa lettre avec des larmes dans les yeux, Sa lettre, où s’étale un aveu délicieux, N’est-elle pas alors distraite en d’autres choses ? Qui sait ? Pendant qu’ici pour moi lents et moroses Coulent les jours, ainsi qu’un fleuve au bord flétri, Peut-être que sa lèvre innocente a souri ? Peut-être qu’elle est très joyeuse et qu’elle oublie ?
Penser des mots , Les coucher sur le papier En espérant se retrouver Au dedans d’un corps blessé. Écrire des phrases Avec au coeur un goût amer Que seul le ciel peut connaître Et n’y rien laisser paraître! Se faire l’écho De ses propres propos, Mais toujours se taire Et ne rien attendre de l’horizon. Ne plus faire de rimes, Sauf des mots qui assassinent L’espoir d’un renouveau… Se moquer de la place des idées
Posées sur une page blessée
Et n’en rien retirer Si ce n’est du soulagement D’avoir oser délicatement Ouvrir son coeur Devant la peur D’un moment de doute D’un moment de “Pourquoi”?
Vous surtout que je plains si vous n’êtes chéries, Vous surtout qui souffrez, je vous prends pour mes soeurs : C’est à vous qu’elles vont, mes lentes rêveries, Et de mes pleurs chantés les amères douceurs.
Prisonnière en ce livre une âme est contenue. Ouvrez, lisez : comptez les jours que j’ai soufferts. Pleureuses de ce monde où je passe inconnue, Rêvez sur cette cendre et trempez-y vos fers.
Chantez ! Un chant de femme attendrit la souffrance. Aimez ! Plus que l’amour la haine fait souffrir. Donnez ! La charité relève l’espérance : Tant que l’on peut donner on ne veut pas mourir !
Si vous n’avez le temps d’écrire aussi vos larmes, Laissez-les de vos yeux descendre sur ces vers. Absoudre, c’est prier ; prier, ce sont nos armes. Absolvez de mon sort les feuillets entr’ouverts !
Pour livrer sa pensée au vent de la parole, S’il faut avoir perdu quelque peu sa raison, Qui donne son secret est plus tendre que folle : Méprise-t-on l’oiseau qui répand sa chanson ?
Poème que j’ai écrit quelques mois après la naissance de mon fils……Il y a vingt-cinq ans déjà…..
J’ai donné le jour à un bébé d’amour. J’ai donné la vie à toutes mes envies… Enfouie au fond de mes entrailles, A éclaté cette vie sans faille. Qui bouleversa mon coeur. Fragilité d’un moment géant. Grandeur d’un instant troublant. Mon ventre trop plat pleurait De ne plus te protéger. Tu étais là à mes côtés, Mais tout en moi gémissait. Cette douleur se déchira Quand un cri tu poussas. La vie, ma vie se renouvela; Et je serrai très fort les draps. Des mains gantées t’ont soulevé Et sur mon coeur tu t’es posé Telle une chaleur inattendue. Tel un bonheur qu’on n’attend plus. J’ai donné la vie à tant de bonheur, A des yeux sublimes qui touchent le coeur. Sorti de mes entrailles, A toi mon fils, ma bataille Je t’aime….
Se voir le plus possible et s’aimer seulement. Sans ruse et sans détours, sans honte ni mensonge, Sans qu’un désir nous trompe ou qu’un remords nous ronge. Vivre à deux et donner son coeur à tout moment…
Respecter sa pensée aussi loin qu’on y plonge. Faire de son amour un jour au lieu d’un songe. Et dans cette clarté respirer librement Ainsi respirait Laure et chantait son amant.
Vous dont chaque pas touche à la grâce suprême. C’ est vous, la tête en fleurs qu’on croirait sans souci. C’est vous qui me disiez qu’il faut aimer ainsi.
Et c’est moi, vieil enfant du doute et du blasphème, Qui vous écoute et pense et vous réponds ceci : Oui, l’on vit autrement mais c’est ainsi qu’on aime.
Quand tu regarderas le ciel, la nuit, puisque j’habiterai dans l’une d’elles, puisque je rirai dans l’une d’elles, alors ce sera pour toi comme si riaient toutes les étoiles. Tu auras, toi, des étoiles qui savent rire...
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