EXTRAIT DE SON JOURNAL
20 février 1954
Aujourd’hui, je suis allée avec Mammi à l’ Ecole des Arts Appliqués de Cologne. J’étais presque décidée à m’inscrire. J’aimais dessiner, peindre et décorer des assiettes, à l’internat. Mais l’ambiance de l’école ne m’a pas plu, les filles ont déjà toutes dix-sept, dix-huit et dix-neuf ans.
Nous venons d’avoir une discussion à ce sujet, Mammi et moi; Mammi m’a conseillé les Arts Appliqués. Mais je pense que ce n’est pas la bonne voie à emprunter. D’un autre côté, il est évidemment utile de ne pas dépendre entièrement du cinéma.
J’ai lu récemment que la tradition, à le Cour Royale de Bulgarie, voulait que tous les princes apprennent un métier manuel. L’un devenait mécanicien de locomotive, l’autre serrurier, un autre….que sais-je? Cela m’a impressionnée. Si le trône chancelle, les rois peuvent gagner leur vie, et pas mal. On dit bien que l’artisanat est une mine d’or. Ca ne donnera rien avec les Arts Appliqués, mais il était utile de se renseigner.
Lorsque nous étions encore occupées à tourner les Lilas, Mammi a reçu une nouvelle offre pour moi. Mais ce n’était pas sûr. Je n’en ai donc pas encore parlé. A présent, ça semble marcher. Il est question que j’aie le rôle principal à NDF, dans Feu d’artifice, où Lilli Palmer chanterait <Oh, mon papa>. Le disque est à la maison, mais ça fait longtemps que je ne l’ai pas écouté parce qu’on entend la chanson tout le temps à la radio.
Je dois incarner une jeune fille fascinée par l’ambiance du cirque et qui s’imagine devoir être une artiste. Par la suite, elle retourne auprès de celui qui avait jadis beaucoup compté pour elle —un simple jardinier. Claus Biederstaedt le joue. Je ne le connais pas, mais tous assurent qu’il est très gentil
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